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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 22:38

J’avais décidé de ne plus écrire d’article. Les circonstances de la vie font que je doive déroger à la règle que je m’étais fixée. 

Nous étions quelques uns à accompagner aujourd’hui, dans une église, un Frère dont l’épouse vient de quitter son parcours terrestre.

Un de nos FF a commencé la cérémonie par un très beau texte personnel, chrétien et maçonnique... universel.

Dans cette église trop petite pour l’occasion, nous étions une assemblée hétéroclite, mais qui était tournée toute entière vers une seule et même personne, avec une ferveur, une tristesse et une Foi communes.

Dans ces moments-là, on se pose toujours la même question (que l'on oublie en général très vite, trop vite) : à quoi bon et pourquoi se quereller sans cesse dans la vie ?

Pourquoi parler de différences, de voies divergentes, pourquoi jauger, juger, condamner ? Pourquoi vouloir toujours avoir raison face à l'autre ?

Pourquoi ces querelles de clochers que nous vivons encore aujourd’hui ?

Cela m’a été d’une évidence criante : pour nous Maçons, seuls comptent la Voie et le fond ; peu importe la forme.

Lorsque ce Frère qui vient de perdre son épouse est entré en Maçonnerie, il avait participé, à l’époque, à une cérémonie funèbre destinée à la compagne d’un Frère, à Nîmes.

Alors que nous attendions le début de la cérémonie, ce jeune Frère (en Maçonnerie) d’une humilité exemplaire, me dit alors : « tu vois, quand on bâtit un mur, il faut de très belles et grosses pierres taillées, mais il y a aussi besoin parfois d’une toute petite pierre pour caler une très grande. J’espère pouvoir être cette toute petite pierre ».

Je crois volontiers qu’aujourd’hui les FF présents et tous les participants ont été des petites pierres qui ont permis à ce Frère de rester debout malgré toute sa souffrance.

En vivant ces moments difficiles où l’essentiel balaye le dérisoire, le pardon et l’oubli se sont imposés à moi comme le seul devoir à respecter et la seule possibilité pour retrouver une véritable paix intérieure.

J’ai donc décidé de pardonner et d’oublier. J'ai déposé les armes, je n'en ai plus besoin.

Le pardon n’est qu’une question de décision, de volonté. L’oubli est plus difficile, car il touche à un vécu, des rancœurs, des problèmes d’ego.

Je ferai tout pour oublier la discorde, les mauvais moments et j'essayerai de ne penser désormais qu’à ceux, heureux, que j’ai partagés avec les autres.

J’espère que mes FF essayeront de faire le même effort.

Que chacun suive le chemin qu'il a choisi en paix.
 

Paracelse

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Published by Paracelse
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commentaires

Fernand Naudin 19/11/2012 08:32

Bonjour Henri, tu es vraiment un bon macon, c'est toi qui a raison, alors a mon tour je me joins a toi et je leur pardonne mais pour oublier c'est une autre affaire...
Fraterbises pour les F. que j'aime. avant j'aurai ecris '' et rien pour les autres'' mais ca c'etait avant...
Fernand Naudin

Paracelse 19/11/2012 13:09



Cher et BAF Fernand. Le pardon si tu pouvais savoir comme ça fait du bien. J'ai pardonné à FX de Bosch et à son successeur Jacques Per., Jacques Rou futur DGMP. Tous ces pseudos maçons sont ceux
qui vont guider nos anciens FF. Après le pardon, l'oubli est la seule solution, car si tu n'oublies pas, tu auras toujours face à toi ces faces de pets. Le système colo-rectal est très bien fait:
comme tous les faux-maçons ne sont que des pets, alors, tu serres, puis tu lâches d'un coup et hop, tu les oublies. Ils s'envolent au vent mauvais. Pour être plus sérieux: ne pas les oublier ce
serait donner de l'importance à des gens qui n'en ont pas. Ils faut les laisser se reproduire et prendre leur plaisir entre eux, à la GLNF ou à la GLAMF., Je t'embrasse. Henri



D.G.H. 13/11/2012 14:22

Mes B.A.F.

C'est souvent autour d'une douleur que l'on retrouve le vrai sens de sa vie !

J'espère que ce Frère ayant perdu un être cher sera bien entouré , et j'ai en ce moment de tristesse , une pensée Fraternelle pour lui et tous les siens .

J'espère que toi henri tu vas bien, et que dans l'absence et le silence ,le chemin que tu as désormais choisi te semble maintenant plus serein.
Bon courage! Dans l'espoir de te lire et de te retrouver, qui j'espère sera prochaîn, je t'adresse mes sincères Amitiés les plus Fraternelles. A bîentôt !

Henri Mat 33514.Bises fraternelles !

Paracelse 13/11/2012 23:38



Merci mon Très Cher Frère Henri. J'ai en effet retrouvé un chemin de sérénité et de fraternité. Quelle joie! Je suis également heureux d'avoir été présent pour notre Frère Salvatore dans
l'épreuve qu'il vient de traverser. Je t'embrasse fraternellement Henri



harpocrate 10/11/2012 17:58

Mon BAF Paracelse ,

Je te remercie d'avoir écrit ce très beau texte, moi qui ne suis qu'une très ancienne petite pierre alors que certains FF autour de moi, croyant me flatter, ont souvent tenté de me faire croire que
j'étais une clef de voûte.

Cependant, tout en respectant ton opinion, je n'ai pas la même conception du pardon et de l'oubli.
Il est possible de pardonner sans avoir oublié et d'oublier sans avoir pardonné .

Le pardon s’inscrit toujours dans une relation : il se joue entre deux personnes. L'un est l'agresseur ou offenseur ; l'autre est la victime, l'offensé. Chacun peut dans des circonstances
particulières, être à la fois l'un et l'autre quand la violence engendre la violence.

Il y a donc le pardon donné et le pardon reçu.
L'offensé est invité à pardonner l’offenseur.

Son pardon est donc donné. Cela ne veut pas dire qu’il sera reçu et efficace.

L’offenseur est invité à recevoir le pardon de l’offensé.

Il y a réception du pardon lorsque l’offenseur :
- reconnaît ses torts,
- les regrette,
- a le désir sincère de ne pas recommencer,
- procède aux réparations des torts commis,
- accepte l’éventuelle sanction de la société.

Ces cinq éléments sont le signe que le pardon donné a été reçu et qu'il y a repentir.

Le pardon a par contre vertu de thérapie :

- il empêche l’offensé de s’enfermer dans la haine et le désir de vengeance,
-il empêche l’offenseur de s’enfermer dans l’irresponsabilité, la bonne conscience
et le sentiment d’impunité.

Le pardon doit régir les rapports entre les hommes, comme il régit déjà ceux qui lient Dieu et les hommes.

Le pardon est le résultat d'une volonté clairement exprimée.
L'oubli est simplement le résultat d'un trouble de mémorisation, et on pourrait même aller jusqu'à oublier d'avoir pardonné !

« Si j'avais le pouvoir d'oublier, j'oublierais. Toute mémoire humaine est chargée de chagrins et de troubles. » Charles Dickens in Contes de Noël .

Fraternellement, à toi-même, et à tous mes Frères de Septimanie.

Harpocrate

Paracelse 10/11/2012 18:12



Mon TCF, c'est ce qui fait toute la beauté de la Maçonnerie. Nous sommes des hommes libres.  Je comprends ton analyse et ton message, mais ma position est à prendre ou à laisser. Je
remercie ceux qui acceptent mon pardon et ma demande de pardon et mon oubli. Pour les autres, je ne peux rien faire de plus. Qu'ils gardent haine et rancoeur qui sont deux poisons. J'ai
simplement décidé de ne plus me retourner sur le passé.Frat. Henri



vincent 10/11/2012 12:51

un billet d'humeur qui apparait comme un rayon de soleil, une perle de lumière
malgré les circonstances bien tristes
bises Henri

Paracelse 10/11/2012 18:13



Merci Vincent. Bises



Luigi 06/11/2012 22:11

Bonjour mon Frère Henri,
J'apprécie ton texte, apaisé, souriant même si la tristesse pointe son nez.
Peut-être aurais-je aimer que tu y rajoutes un sentiment qui irait dans le sens "je vous présente également mes excuses", mais comme tu le dis, l'égo est si difficile à combattre. Pardonner et
demander à être pardonné sont des actes il est vrais très difficiles mais tellement chargés d'humilité introspectives que le résultat en est bien souvent lumineux. Alors merci pour ce texte.
Bises fraternelles,
luigi

Paracelse 06/11/2012 23:56



Mon TCF, je n'irai pas jusqu'à porter cilice et à me flageller dans une cellule obscure, mais si cela peut te rendre plus heureux, présenter mes excuses est une chose qui ne me pose aucun
problème. Voilà qui est fait.