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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 15:02

Le corps et l’esprit

Tous les organismes vivants ont un corps et un esprit.

L’institution GLNF est un organisme vivant. Elle  est dotée d’un esprit qui, comme nous allons le voir, se confond avec l’esprit de la Franc-maçonnerie de stricte régularité traditionnelle ; ainsi que d’un corps institutionnel, qui correspond à sa formulation juridique.

Cette distinction nous montre en premier lieu, qu’une institution n’est pas réductible à l’analyse littérale de ses formulations juridiques, mais qu’elle obéit à une finalité interne (un esprit) qui la justifie et qui légitime aussi bien sa structure que son fonctionnement.

Et si l’on veut bien considérer qu’intellectuellement les êtres humains ont besoin d‘une boussole pour ne pas s’égarer dans le labyrinthe de la matière, alors l’esprit d’une institution est la boussole qui guide la bonne application de ses règles de fonctionnement.

Rappelons à cet égard, qu’ayant perdu la boussole que représentent les huit « basic principles » ou critères en vertu desquels la GLUA accorde sa reconnaissance de régularité,  l’ancienne gouvernance institutionnelle de la GLNF avait perdu sa reconnaissance le 12 septembre 2012.

Et notons que c’est précisément le nouveau  Règlement Général adopté en Assemblée générale extraordinaire du 12 avril 2014 qui a replacé l’institution GLNF dans le respect des principes fondamentaux de la Franc-maçonnerie régulière, lui permettant ainsi d’être à nouveau reconnue.

Rappelons en outre, que pour être « régulière », c’est à dire reconnue comme membre de l’Ordre mondial de la Franc-maçonnerie régulière de tradition, une Grande Loge doit respecter strictement et, faire respecter strictement, par ses Loges,  les règles traditionnelles, appelées « landmarks » (repères, marques de références, principes phares) de la régularité, dont la GLUA est historiquement gardienne.

L’enjeu de la réforme intervenue était donc pour la nouvelle gouvernance, conduite par son Grand Maître, J.P. Servel, de remettre l’institution GLNF  en conformité avec ces landmarks, autrement dit avec les principes de la régularité.

Cet enjeu était considérable puisque, de la rénovation des structures institutionnelles de la GLNF, dépendait la survivance, sur le territoire français, d’une Franc-maçonnerie de tradition régulière.

Certes, la GLNF, aurait pu maintenir sa présence dans « le paysage maçonnique français » en conservant ses statuts de 2009. Elle aurait pu notamment, comme cela fut proposé par l’ancienne gouvernance, procéder à quelques concessions « démocratiques » propres à apaiser « la base » Elle aurait pu s’aligner sur des formulations dites d’ouverture libérale comme l’a fait la dissidence GLAMF afin de se rendre compatible avec les courants maçonniques « libéraux », dont celui de la GLDF, mais en ce cas, la GLNF aurait perdu définitivement sa vocation de Franc-maçonnerie initiatique, strictement spirituelle, qui lui valait la particularité, depuis sa création en 1913, d’être l’unique Grande Loge de Franc-maçonnerie initiatique régulière du « paysage » maçonnique français.

Si la GLNF n’avait pas su refonder radicalement ses institutions, refondation qui ne pouvait se faire, concernant un système maçonnique traditionnel, que par réappropriation, dans un langage renouvelé, des principes immuables de la Tradition originelle, elle serait devenue une Grande Loge associative quelconque, parmi les nombreuses Grandes Loges irrégulières françaises.

Mais en fait, à quoi correspond la Franc-maçonnerie régulière ? Qu’a-t-elle de différent des autres Franc-maçonneries ? Quel est l’esprit qui l’anime ?

La Franc-maçonnerie régulière propose, par la voie initiatique, de conduire ses initiés vers un état abouti de « Connaissance spirituelle » qui fait d’eux des Maître maçons en même temps que les dignes membres éclairés de l’Ordre universel des Francs-maçons réguliers.

Ce n'est pas, l’entraide, la lutte pour le progrès social et humain, la propagation des principes de démocratie politique, ou à l’inverse la vénération d’un chef prétendument charismatique, qui motive l’action de la Franc-maçonnerie régulière.

Ce n’est pas non plus un divertissement de bourgeois gentilshommes, ni un cénacle élitiste, où sévissent les surenchères stériles de savoirs érudits et de préceptes moralisateurs.

Ce sont là les préoccupations (l’esprit profane) qui guident « la Franc-maçonnerie substituée »

En Franc-maçonnerie régulière, l’on est Franc-maçon, uniquement si l’on croit intimement que la force de l’Esprit et l’énergie spirituelle que transmet l’Initiation maçonnique, donnent aux hommes la possibilité de participer ici et maintenant, dans la fraternité spirituelle de l’Ordre, à l’édification sur terre du Temple de la Spiritualité.

Précisons que pour l’Ordre régulier, l’Initiation est essentielle, mais qu’elle n’est pas une fin en soi.

Cette précision est importante pour la relation que la Franc-maçonnerie régulière entretien avec les Juridictions dites de Hauts Grades, (Pour la Franc maçonnerie régulière, il n’y a pas de « Hauts grades », il n’y a que des « Side degrees » ou « degrés adjacents » mais en aucun cas des « degrés supérieurs ») ;

Car l’initiation n’est qu’un moyen : le moyen de conduire ses membres par les trois degrés initiatiques de la Franc-maçonnerie traditionnelle (Arche royale comprise), à l’état de Connaissance qui caractérise le véritable Franc-maçon, avec cette précision essentielle, que cette Connaissance n’est en rien un état de perfection achevé, ni une attitude de recherche éternellement insatisfaite, mais un état de lucidité spécifique, que l’on appelle Vérité de l’Esprit ou Vérité du cœur.

Faut-il préciser, pour être bien compris, que l’efficacité initiatique, caractéristique de la Franc-maçonnerie régulière, repose sur le respect d’un « Landmark » incontournable, sans lequel aucune initiation n’est possible : à savoir, le Landmark de la croyance au « Grand Architecte de l’Univers », que notre tradition culturelle occidentale appelle « Dieu »

Car c’est strictement en vertu de ce Landmark que la Franc-maçonnerie régulière est porteuse d’une capacité initiatique réelle.

La Franc-maçonnerie régulière croit en effet, fondamentalement, que l’être humain est par nature « enfant de Dieu », autrement dit un Être mû par le « Verbe de Dieu » participant d’un monde mû lui aussi par le « Verbe de Dieu » qui n’est autre que « l’Esprit vivant » en l’homme et dans le monde.

Elle considère par conséquent que ne sont initiables (sauf conversion),  que « ceux-là qui ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu »

Ce qui signifie, conformément à la distinction ci-dessus formulée, extraite du prologue de l’Evangile de Jean (1, versets 12-13), que la Franc-maçonnerie régulière n’a de sens et d’efficacité, comme « système initiatique » que si elle permet aux hommes, par l’initiation, de réintégrer la dimension intrinsèquement spirituelle qui, depuis toujours, est présente en eux, mais dont ils n’ont pas connaissance ;  

Dimension dont ils ont perdu le sens, le repère, l’orientation ; ayant parfois oublié jusqu’à l’existence même de l’Esprit dans le Monde. (Landmark de la Croyance en Dieu et de Sa volonté révélée)

C’est donc pour permettre à ses membres de retrouver la connaissance de Dieu et plus exactement, celle de l’Esprit de Dieu, autrement dit la Création permanente de la Vie, que la Franc-maçonnerie régulière traditionnelle, peut très précisément mettre en œuvre et rendre effective, l’exceptionnelle possibilité de l’initiation maçonnique.

L’Esprit de Dieu, c’est le Verbe de Dieu manifesté par la Création permanente du Monde (le flux temporel permanent du renouvellement de la vie) C’est donc vers l’Esprit, que l’Âme doit se tourner (Marcher vers l’Orient) pour accéder à la Vérité du Monde (Connaissance, Gnosis), autrement dit, pour se libérer de l’attraction têtue qu’exercent sur l’Âme, les illusions faussement rassurantes du Monde, que notre humaine faiblesse fabrique en permanence et auxquelles elle se raccroche désespérément (béquilles de vie végétative, refus de lâcher prise. Dans Exode 34-9 Moïse dialoguant avec Dieu, supplie le Seigneur de marcher au milieu des  enfants d’Israël en regrettant de devoir rappeler, que c’est hélas, « un peuple à la nuque raide que celui-ci »)

Ayant ainsi, sommairement rappelé la vocation strictement spirituelle de la Franc-maçonnerie régulière traditionnelle et son fonctionnement initiatique, il devient possible désormais de répondre plus directement à une question essentielle :  

Comment, dans la multiplicité des obédiences qui proposent des activités maçonniques, peut-on déterminer celles, dont l’esprit est en conformité avec la Tradition de la Franc-maçonnerie spirituelle ?

Face à cette interrogation, la GLNF est généralement décrite, par ses détracteurs, comme l’icône d’une Franc-maçonnerie ringarde et compassée, transie de bigoterie surannée, et figée dans l’immobilisme. Bref comme une franc-maçonnerie obsolète ;

On notera que plus généralement, depuis que la reconnaissance de régularité lui a été restituée par la GLUA, (et les Grandes Loges mères britanniques), le même reproche de maçonnerie ringarde et dépassée, est adressé par les détracteurs de la GLNF, à toute la Franc-maçonnerie régulière anglo-saxonne dans son ensemble.

Pour les détracteurs de la GLNF en effet, seule la Franc-maçonnerie, d’inspiration écossiste, dépendante de l’influence doctrinaire et hiérarchique de quelques suprêmes conseils européens, possède une attractivité dynamique, car disent-ils, elle a su réaliser un compromis, entre la « tradition spirituelle » qui lui donne « une régularité incontestable » et faire des concession aux idées « libérales » du siècle, qui font d’elle une Franc-maçonnerie ouverte et promise de ce fait, à un avenir radieux.

Ils se raccrochent à une recette bien connue : Un zeste de régularité pour se donner l’air maçonnique, plus un zeste de concession aux idées du siècle pour avoir l’air moderne, et voilà créé le cocktail de la Franc-maçonnerie « régulière » de demain.

Mais pour la Franc-maçonnerie régulière,  cette formule, n'est rien de plus qu’une entreprise de racolage actif sur fond de pensée "New âge" ; un éclectisme Franc-maçonnique « light » digne du catalogue d’une modernité dont on voit bien qu'elle est « déjà vieille avant que d’être »  

Car, qu’est-ce que la modernité, sinon un courant du moment qui s’oblige à changer sans cesse de mode, pour pouvoir « rester moderne » ?

Et à l’inverse, qu’est-ce qui est véritablement innovant et même révolutionnaire, sinon la réviviscence de l’Esprit dans le monde, principe spirituel suprême et immuable, toujours fertile, de la Franc-maçonnerie régulière.

Rappelons ici, une fois encore, que la régularité maçonnique ne se partage pas et qu’on ne saurait être « un petit peu ou à moitié régulier », puisque la régularité repose sur la cohérence d’une tradition intemporelle qui relève d'une globalité ; un tout sans lequel il ne saurait y avoir réalisation du processus initiatique.

Car si un élément vient à manquer, l’initiation se transforme en simulacre. (Par exemple, la non-croyance en la puissance initiatique, complète et efficiente, des trois degrés initiatiques ; la non-croyance en la Vie comme volonté révélée de Dieu ; la confusion entre le plan de la libération spirituelle et les plans profanes de la liberté institutionnelle ou confessionnelle, que la Franc-maçonnerie sociétale appelle libertés politiques et liberté de pensée ; l'ignorance du fait évident que, sans une libération spirituelle préalable, les libertés sociétales ne sont que des libertés formelles et théoriques, d’autant plus exaltées qu’elles offrent généralement des possibilités de manipulations sur les individus dès lors qu'on les a faussement convaincus qu'ils étaient des hommes « libres », etc.)

Les exigences structurelles de la Franc-maçonnerie régulière au service de la spiritualité maçonnique

Intrinsèquement, la Franc-maçonnerie spirituelle est tenue, pour réaliser sa mission, de satisfaire un double objectif :

- Transmettre l’initiation,

- Faire vivre l’Ordre institutionnel de la Franc-maçonnerie régulière, dans sa raison d’être.

Cette double mission implique un équilibre institutionnel subtil entre les Loges et l’Ordre, puisque ce sont les Loges qui, de par leur nature ontologique de cellules initiatiques, élèvent les Maîtres maçons aux « mystères » de la spiritualité du monde, et que c’est l’Ordre qui, dans le même temps accomplit les missions quasi sacerdotales qui incombent à la communauté maçonnique.

Il en résulte qu’un Franc-maçon est doublement impliqué dans le processus maçonnique régulier puisque, d’un côté il participe comme membre d’une Loge et dans la fonction qui est la sienne, à la réalisation initiatique des nouveaux Maître-maçons ; et de l’autre, il participe, -également dans la fonction qui est la sienne, à l’action régulatrice et rayonnante de l’Ordre.

Nous n’allons évidemment pas, dans ce bref commentaire, décliner les traductions institutionnelles de cette double exigence, mais nous évoquerons à titre d’exemple, la reconnaissance retrouvée du rôle des Loges initiatiques, en constatant qu’elles sont à nouveau reçues à leurs justes places, dans les cérémonies solennelles de l’Ordre et qu’elles participent activement par leurs représentants, aux organes de direction et de régulation des institutions ordinales.

Ces participations ont évidemment une portée opérative sur le terrain de l’organisation matérielle de la GLNF actuelle. Mais elles sont aussi hautement significatives de la régularité retrouvée de l’institution, puisqu’elles manifestent ouvertement le rétablissement de la Loge, dans la souveraineté initiatique qui lui avait été institutionnellement enlevée par la précédente gouvernance.

Rappelons que la souveraineté initiatique de la Loge est un Landmark de la Franc-maçonnerie régulière,  et que, par conséquent, son abandon caractérisait une irrégularité fondamentale qu’il était nécessaire de réparer, avec d’autant plus d’évidence qu’une initiation non traditionnelle, c.à.d. hors de la spiritualité rituellement organisée de la Loge, n’a aucun sens.  Que peut bien signifier en effet une initiation réalisée par délégation du pouvoir spirituel d’un Grand Maître ou par délégation du pouvoir spirituel d’une Juridiction de Rite ?

Abordons maintenant la question un peu différemment.

Il est quelquefois éclairant d’aborder un sujet abstrait tel que celui de « l’esprit » d’une institution, en décrivant ce qu’il n’est pas, ou bien en disant ce qui se passe lorsqu’il n’est plus là. La lumière par exemple, par elle-même ne se voit pas ; elle fait voir, mais elle ne se voit pas ; alors que l’absence de lumière, est parfaitement visible - si l’on puit dire.

Pour l’esprit d’une institution c’est un peu la même chose. On peut le caractériser, notamment en examinant les critiques qui lui sont adressées par ceux qui ne peuvent en saisir le sens, dès lors qu’ils ne saisissent pas le sens des exigences particulières de la Franc-maçonnerie régulière.

(Ceux qui ne saisissent pas le sens de la Franc-maçonnerie régulière, sont naturellement aveugles aux exigences structurelles induites par l’essence de la régularité)

Explorons cette voie :

Deux critiques essentielles sont généralement adressées à la GLNF par les maçons de « la Voie substituée » 

Il est reproché à la GLNF, son absence de démocratie ainsi que son organisation hiérarchique pyramidale et protocolaire.

Examinons tout d’abord la critique dite « démocratique » :

Rappelons en préliminaire que contrairement à une idée faussement répandue, une association (car la GLNF est civilement une association)  n’est jamais tenue d’adopter des règles de gestion « démocratiques » ; la loi de 1901 ne faisant aucune obligation à une association de prévoir une assemblée générale, ni même d’avoir un organe quelconque de contrôle chargé d’exprimer, et à fortiori d’imposer, l’opinion collective de ses membres. (Mais elle peut évidemment se doter de tels organes, si c’est le choix de ses fondateurs)

Dès lors, les associations offrent des profils de gestion extrêmement variés. Certaines sont « participatives, voire libertaires », d’autres, sont « autocratiques », par exemple lorsqu’il s’agit de réaliser une mission ponctuelle dans un contexte confidentiel.

D’autres enfin adoptent une structure de type aristocratique s’agissant de gérer « une communauté » dont l’objectif exclusif est de « partager » des valeurs spirituelles, objectif qui suppose une gouvernance exclusivement dédiée au seul service des valeurs concernées. (Idéal chevaleresque)

C’est évidemment cette dernière formule qui répond aux exigences de la Franc-maçonnerie spirituelle.

La raison en est simple : Les communautés de stricte observance comme la GLNF, ont pour seule vocation de servir les valeurs supérieures, préexistantes et référentielles de la Franc-maçonnerie initiatique, alors que pour leur part, les systèmes démocratiques, ont la particularité d’organiser leurs principes de fonctionnement selon les choix collectifs effectués par leurs membres.

Aussi, dès lors que, pour la Franc-maçonnerie régulière, « les valeurs » de référence communes sont la connaissance spirituelle obtenue à l’issue d’une initiation rituelle d’origine traditionnelle, l’on voit mal comment un débat démocratique pourrait améliorer le système. Car le rôle d’une institution maçonnique régulière, n’est pas d’inventer ou de corriger les règles de la Franc-maçonnerie traditionnelle ; son rôle c’est de les faire respecter, afin que le processus initiatique puisse agir pleinement.

Voyons maintenant la critique de l’organisation pyramidale de l’Ordre.

Les Communautés religieuses et les Ordres en général, ordonnancent leur organisation autour d’une hiérarchie de dignitaires, cooptés ou nommés par la hiérarchie de l’Ordre. Ces dignitaires sont détenteurs de par leur nomination, de l’« autorité » nécessaire à la protection, la diffusion et à la mise en acte « des valeurs » du groupe (et non à la protection du groupe, lui-même)

Car c’est précisément la référence « aux valeurs de l’Ordre » qui dans ce type d’organisation, donne du sens à l’adhésion des membres et à l’engagement des dignitaires.

Et il va donc sans dire que si, dans un tel système, les « valeurs de l’Ordre » sont outragées ou dévoyées d’une manière quelconque, par les dignitaires qui sont chargés de les servir, alors la légitimité de la communauté toute entière et celle de ses dignitaires, disparait ; et la capacité initiatique dont la Franc-maçonnerie régulière est porteuse, disparaît aussi.

Bref, on l’aura compris, la Franc-maçonnerie traditionnelle est un système auto-régulé par des valeurs reçues et assimilées par chaque Maître véritable à l’issue d’un parcours initiatique traditionnel, réel et effectif.  Dès lors, un digne membre de l’Ordre, s’il a compris l’Art, ne saurait se laisser détourner par des objectifs indignes de l’Ordre ; d’où la nécessité d’une initiation porteuse d’une manière de penser et une manière de vivre propre au Maître maçon et partant, de respecter les Landmarks de la Franc-maçonnerie régulière, afin que cette initiation porte ses fruits.

De la qualité initiatique de la Franc-maçonnerie régulière, dépend l’avenir de l’Obédience elle-même.

On l’aura compris, les reproches faits à la GLNF, d’être une structure maçonnique liberticide et autoritariste, n’ont aucun sens, dès lors qu’on les apprécie en référence aux Landmarks fondamentaux de la Franc-maçonnerie initiatique traditionnelle et régulière, car ces reproches ne reflètent en réalité que les opinions sentencieuses, culturelles et sociétales d’un cénacle de maîtres à penser, titulaires de quelques « Hauts Grades »

Née du désir de faire advenir sur terre l’Homme spirituel, c’est-à-dire l’Homme à l’image et à la ressemblance divine, la Franc-maçonnerie -aussi bien opérative d’abord, -que spéculative ensuite, porte originellement en son sein, l’impérieuse obligation de dépasser les querelles du siècle ;

Toutes les querelles : qu’il s’agisse des querelles confessionnelles concernant la manière de croire en Dieu ou les querelles politiques, concernant la manière d’organiser la Société ou de promotionner la carrière de quelque homme providentiel.

Nous avons déjà, dans une précédente étude, abordé le dépassement des croyances confessionnelles. Nous n’y reviendrons pas ici : LA SPIRITUALITÉ, PRINCIPE DE LA LIBERTÉ ET DE LA CRÉATIVITÉ DE LA VIE - Le blog de le-myosotis.de.septimanie.over-blog.com)

Pour ce qui concerne le reproche d'absence de fonctionnement démocratique ainsi que celui  de la présence d’une structure pyramidale (faite de porteurs de « Tabliers bleus »),  il va de soi que la Franc-maçonnerie traditionnelle régulière, non seulement ne s’en soucie pas, mais de plus, s’étonne que l’on puisse s’inquiéter de libertés formelles avant d'avoir pris soin de la liberté spirituelle à laquelle seule la Franc-maçonnerie initiatique de Tradition régulière permet d’accéder.

Comme on le voit, une institution régulière est à la fois, portée par, et dépendante de, la formidable puissance souveraine de l’initiation maçonnique régulière de tradition sans laquelle aucune Franc-maçonnerie spiritualiste n'est possible.

C’est pourquoi l’on ne doit jamais oublier que l’initiation maçonnique, dès lors qu’elle est « régulière » et non pas « un simulacre », est la condition de l’ouverture de « la Porte de la Connaissance » ;

Et que c’est cette Connaissance qui permet au Maître maçon de témoigner qu’en profondeur, sous la grossière apparence matérielle du monde, ce n’est pas « la force brute  et contingente des apparences » qui conduit le monde, mais celle de « l’Esprit de Vie », révélé aux hommes par l’Initiation maçonnique régulière. 

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Published by Raminagrobis
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commentaires

Yasfaloth 05/12/2014 17:16

Mon TCF

Je trouve toujours beaucoup d'intérêt et même de plaisir à te lire, car sur beaucoup de considérations je nous sens proches, sauf que tu me places dans la "voie substitué" ce, qu'en conscience, je
ne crois pas avoir lieu d'être.

Dans ton texte je relève une phrase pour moi très importante, voire capitale :

"la non-croyance en la Vie comme volonté révélée de Dieu"

Car pour les quelques frères "réguliers" que je rencontre, la Révélation ce sont les Évangiles et la Bible (ou le Coran), la parole de "dieu" reçue et transcrite par les hommes, et non pas la "Vie"
dans sa ou ses manifestations... fut elle, elle même l'image de "Dieu" dans son acception moniste !

Pourrais tu m'éclairer sur ce point ?

TF

Raminagrobis 05/12/2014 19:17



Au commencement : le Logos,
le Logos est vers Dieu,
Le Logos est Dieu
Il est au commencement avec Dieu.
Tout existe par Lui,
Sans lui : rien
De tout être Il est la vie, la vie est la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres,
les ténèbres ne peuvent L'atteindre.
Evangile de Jean (I, 1-5) Traduction J.Y. Leloup


Je suis le Chemin,
La Vérité,
La Vie
Evangile de Jean (XIV, 6) Traduction J.Y. Leloup
Pour une expression plus complète de ma réponse voir LA
SPIRITUALITÉ, PRINCIPE DE LA LIBERTÉ ET DE LA CRÉATIVITÉ DE LA VIE - Le blog de le-myosotis.de.septimanie.over-blog.com


 



ma contribution 04/12/2014 22:48

Merci pour votre article très riche. Un point que vous soulevez retiens à l'instant mon attention. Attaché pourtant à l'idée démocratique et au droit naturel, je suis néanmoins bien conscient
qu'une charte, même de constitution démocratique, ne peut être garantie que par une instance qui reste, elle, paradoxalement de nature et de fonctionnement non-démocratique. Par exemple l’Éducation
(que cela soit au sein de la famille ou de l’institution scolaire) ne peut être démocratique, de surcroit pour les jeunes et les enfants, même si elle éduque au sens démocratique. Il en va ainsi
aussi pour toutes les formes de progressions initiatiques. Dans les sociétés traditionnelles, les structures ecclésiales ou les ordres religieux et chevaleresques c'est aussi la reconnaissance des
mérites bien plus que le nombre des suffrages, bien que ceux-ci soient toujours possibles, qui donnent à quelques uns autorité sur tous. Par exemple dans l’Église primitive quatre critères avaient
été retenu avec sagesse pour pouvoir conférer le titre de "Père de l’Église" : l'ancienneté, la carrure intellectuelle, la sainteté de vie et la reconnaissance par les pairs. Bonne fin de soirée.

Raminagrobis 05/12/2014 18:49



Merci pour ces observations extrêmement pertinentes !


On est bien d’accord que les principes applicables à l’institution maçonnique de stricte régularité
initiatique ne valent que pour ce type d’institution à vocation initiatique et chevaleresque (ordre maçonnique régulier),  et dans la stricte mesure
où cette institution demeure conforme à l’esprit de stricte régularité.


Cela signifie par exemple, que les engagements et les serments initiatiques et à l’Ordre, ne valent qu’à
l’égard des valeurs de l’Ordre et que leur respect ne peut être légitimement exigé qu’en référence à ces valeurs ; jamais en référence à la personne titulaire d’un office.


Bien entendu les droits et libertés démocratiques des institutions profanes, ainsi que les choix
confessionnels de chacun de nous ne sont pas concernés par mon propos.


J’insiste uniquement sur le fait que la liberté spirituelle à laquelle la Franc-maçonnerie permet d’accéder de
façon effective par l’effet de l’initiation régulière, est la condition préalable à une saine appréciation des libertés profanes, ainsi qu’à une saine appréciation de tous les régimes politiques
et de toutes les institutions religieuses.


Aucun d’eux ne peut se passer de vertu ;


Et tous sont vertueux, s’ils sont conduits par des hommes de vertu.