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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 13:13

 

La face mondaine de la Franc-maçonnerie

 

Prendre une allure énigmatique, jargonner un vocabulaire obscur, se rengorger de titres, offrir au public sa belle âme tourmentée : Tout cela, n’est en rien de la Franc-maçonnerie…

C’est tout juste une caricature, un folklore décati, un amusement de gogos en recherche de spiritualité-light, une fausse science pour gazettes à marronniers.

Car le fait est (jamais démenti) que la Franc-maçonnerie devient ridicule, toutes les fois qu’elle prétend glorifier les hommes* devant… les hommes.

À fortiori, lorsque quelques « communicants » ont pimenté le boniment de leur  « pseudoscience » de passementiers de quatre sous.

*Cela vaut également pour un groupe d’hommes, une Loge, un Ordre, une Grande Loge, une Obédience.

D’ailleurs, comment la Franc-maçonnerie pourrait-elle, par l’esbroufe et la superstition, montrer autre chose que les grimaces dérisoires de sa face mondaine ?

Alors que, si on l’examine avec quelque sérieux, l’on voit apparaître aussitôt une véritable Franc-maçonnerie, une Franc-maçonnerie « réellement initiatique », qui mérite infiniment mieux que les parodies grossières qui s’affichent sur la scène médiatique.     

La réalité initiatique  

Peut-il exister une Franc-maçonnerie qui ne soit pas initiatique ?

Parler de Franc-maçonnerie non-initiatique résonne comme une impossibilité tautologique. N’est-ce pas aussi absurde que de parler d’omelettes sans œufs, de pain sans farine ou de voiliers sans mâture ?

De fait, toutes les organisations maçonniques « initient », mais cette initiation n’a pas la même signification dès lors que ces organisations n’ont pas la même vision de la Franc-maçonnerie et singulièrement la même vision des « réalités » initiatiques.

Toutes les organisations utilisent les formes et le vocabulaire maçonnique convenu, mais que ce soit structurellement ou idéologiquement, ces organisations n’ont pas nécessairement la capacité – ni même le désir pour certaines - de se situer dans une « régularité spirituelle » qui de notre point de vue, conditionne en profondeur l’émergence de ce que nous considérons comme l’initiation véritable.

Certes, elles utilisent les rituels adéquats mais elles le font en fonction de conceptions maçonniques qui leurs sont « particulières » et non pas « traditionnelles », de telle sorte que le type d’initiation auquel elles procèdent, ne témoigne que des valeurs adoptées par ces organisations.

Elle « initient » à partir d’éléments culturels et mondains, puisés dans « les valeurs » de la société mondaine. (D’où la course obédientielle au prestige, à la prépondérance numérique, à l’occupation de l’espace culturel mondain par la communication. Bref, tous les ingrédients qui caractérisent une « présence » dans la mondanité)

Or nous avons pu nous convaincre dans notre précédent article, qu’une initiation ne peut être effective que si, au-delà de l’application mécanique d’un formalisme initiatique, une transmutation spirituelle singulière se réalise.

(Cf. : notre précédent article : STATUTS ASSOCIATIFS ET RÉGULARITÉ DE L’ORDRE MAÇONNIQUE - Le blog de le-myosotis.de.septimanie.over-blog.com)

Cette « transformation », on l’a vue doit posséder des caractéristiques concrètes précises :   Elle doit être « réelle » et « effective » et non pas « virtuelle » ; car ce n’est pas « un faux semblant, un comme si… », mais une transformation tangible, perçue, concrète, éclairante ;

Elle doit être de dimension « spirituelle » au sens précis du terme (« religieuse » au sens de « relié ») et non pas un ressenti psychique, une transformation extérieure de la psyché « mentale » ou « sentimentale »      

La Franc-maçonnerie « initiatique » est un Ordre discret qui ne sied pas aux matamores    

Il semble bien qu’au fil du temps,  la dimension « initiatique » de la Franc-maçonnerie - sa capacité de mettre en œuvre par l’initiation, la mutation spirituelle de ses membres - a été perdue par nombre de structures maçonniques, qui conservent toutefois l’initiation comme un cérémonial obligé ; comme un vague barbouillage culturel ; comme un service minimum, sans lequel la prétention maçonnique affichée par l’institution n’aurait plus la moindre vraisemblance.

Dans ces structures, il s’agit de donner le change par un simulacre d’initiation dont nul ne se soucie de savoir s’il est efficace, l’organisation laissant à ses adeptes le soin « de faire » (ou d’ailleurs « de ne pas faire ») des recherches personnelles, un peu comme si la maçonnerie était une officine de développement psychique personnel.

C’est ensuite et sur le malentendu de ce simulacre d’initiation fictive, que l’Obédience affiche statutairement (on a vu dans le précédent article, que cela était facile et à la portée de tous) sa prétention d’être une institution « maçonnique »

Cette voie maçonnique qui pratique l’initiation formelle, sans moyens et même sans volonté précise de parvenir à une « transmutation spirituelle », a été dénoncée comme étant « la voie substituée »* par opposition à « la voie régulière »**

*« La voie substituée », contrairement à ce que beaucoup se plaisaient à croire, notamment au sein de la GLNF,  n’est pas uniquement celle qui refuse « la référence » au GADLU et à « sa volonté révélée » Elle concerne aussi tous ceux pour qui cette référence n’est pas une référence spirituelle « effective », mais une référence culturelle de bien-pensance, qu’ils acceptent d’intégrer dans leur pratique maçonnique car, culturellement et sociétalement, elle ne les gêne pas. Cette acceptation culturelle du GADLU, relève, elle aussi, de la voie substituée, dès lors que « la dimension spirituelle » qui se rattache au GADLU, et qui porte « le souffle spirituel » de l’initiation n’est pas mobilisée comme condition initiatique de fond.

**« La voie régulière » applique « les règles » initiatiques. Elle se présente en gardienne rigoureuse de la perpétuation de la voie réellement « initiatique », autrement dit, de la voie de la transformation spirituelle. 

Coexistent en fait deux types de Franc-maçonneries :

Un premier type qui est sociétal et culturel et qui fonde son identité sur des références alibis, qui ne sont pas spirituelles mais culturelles, habillées d’un barbouillage initiatique, fait de bons sentiments et de savoirs intellectuels.

Le second type est « initiatique » car  il initie « réellement » et non plus « formellement »  dans la mesure où il inscrit sa démarche dans une recherche d’efficience fondée sur les principes spirituels que la GLUA considère  comme les constituants intimes de la « régularité maçonnique » opérationnelle.

Dans la Franc-maçonnerie régulière, c’est l’effectivité initiatique du respect des règles traditionnelles de la Franc-maçonnerie initiatique qui crée le Franc-maçon régulier, et qui fait de lui, parce qu’il est un véritable initié, (et non pas une initié formel « de la voie substituée ») un digne membre de l’Ordre régulier.

Dans le système de la « voie substituée », le « barbouillage initiatique » est distribué comme un signe conventionnel d’appartenance mondaine à un système qui se dit « maçonnique »
Il fournit le langage culturel convenu et les cérémonies culturelles convenues, qui permettent à un groupe d’hommes de se réunir sous une identification clubiste originale, en vertu de laquelle ils pourront adopter, en fonction de leurs penchants personnels, soit un comportement dit de « cherchant » soit, pour ceux qui ne sont pas à l’aise dans « l’intellectualité » (dans ce système l’on confond « spiritualité » avec « intellectualité »), une pose de « belle âme altruiste et généreuse ».
Cette Franc-maçonnerie de la « voie substituée » est culturelle et mondaine.
Elle n’est pas nouvelle ; elle existe depuis longtemps.
Elle a peut-être quelques vertus sociales mais il est certain, qu’elle n’a, par elle-même, aucune efficacité initiatique.

Or depuis la nuit des temps, la raison d’être de la Franc-maçonnerie véritable consiste à « initier spirituellement » les hommes.   

Rappelons ce que signifie « Initier » :    

« Initier », ce n’est pas « barbouiller » un individu de pratiques mystérieuses, de vocabulaire abscons et de « tartes à la crème philosophiques » en guise de réflexions prétendument spirituelles ;    

« Initier » c’est, comme nous l’avons vu dans notre analyse précédente, une opération exigeante qui permet d’ouvrir « la Porte du Royaume », sachant qu’une fois « le Royaume » atteint, « le reste, est donné de surcroit », pour nous permettre d’agir à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.    

« Initier », c’est amener  les Hommes à partager l’Intelligence des « réalités » établies au-delà des apparences afin qu’ils œuvrent, en dignes membres de l’Ordre maçonnique universel, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

C’est pourquoi :

L’Initiation (et non pas la Loge) est première.

La Loge ainsi que l’Ordre découlent de l’Initiation qui elle-même n’est possible qu’en vertu de la Spiritualité dont la Tradition initiatique régulière est porteuse.

C’est pourquoi la mission de la Franc-maçonnerie initiatique est noble.

Elle est juste. Elle est souveraine.

Elle n’est pas savante, mais elle est exigeante :

Car « Initier » n’est pas une potentialité banale à la portée de toutes les associations qui affichent des prétentions maçonniques ;

Il y faut une justesse de conditions précises, de fond plus que de formes.   

Autrement dit il y faut « une spiritualité » régulière.    

Chacun sait que la qualité d’un arbre se juge à ses fruits !   

C’est en jugeant du « fruit » initiatique produit par une structure à prétentions maçonniques, que l’on peut distinguer, parmi les nombreuses « structures » qui occupent le paysage maçonnique français, celles qui initient « réellement » d’avec celles qui, en raison de l’inadéquation de leur configuration institutionnelle (bien au-delà de leurs intentions déclarées : toujours nobles, toujours sublimes…)  ne pourront jamais proposer autre chose que les simulacres d’une maçonnerie culturelle, présente sur le terrain sociétal, mais non « effective » sur le plan initiatique.

Dès lors et en vertu des analyses que nous avons posées précédemment, sont productrices du fruit de la Connaissance, les structures maçonniques dont la pratique initiatique, permet la transmutation spirituelle « effective » de l’initié.    

Il faut dès lors identifier les éléments qui autorisent cette transmutation    

À ce niveau d’interrogation, le principe de la « régularité » initiatique des Loges - dont on sait qu’il conditionne à son tour la reconnaissance de la régularité d’un Ordre maçonnique national - s’impose pour une raison à la fois simple et évidente :

Pour que s’ouvre la conscience de l’Initié, la Franc-maçonnerie initiatique traditionnelle met en œuvre, une spiritualité vivante et une méthodologie éprouvée, dont l’usage a été instauré dans le temps et préservé, sous le contrôle de la Grande Loge Unie d’Angleterre à compter du début du XIXème siècle. (Il est bien dit « sous le contrôle » car les sources ne sont pas nécessairement toutes d’origine anglaise)

Ainsi il n’y a maçonnerie initiatique, que si la structure maçonnique qui propose l’initiation, permet la mise en œuvre « effective » des règles strictes, tant de fond que de forme, de la Franc-maçonnerie traditionnelle.

Sinon il y a maçonnerie sociétale, et l’initiation n’est plus « effective »   

La condition de l’Initiation « effective » : Le respect de la Tradition   

L’on appelle « Tradition maçonnique », les règles que la Franc-maçonnerie a élaborées à partir d’un fond immuable de figures initiatiques dont l’humanité est ontologiquement détentrice depuis l’origine des temps*.

*L’Initiation est aussi vieille que l’humanité car elle est aussi vieille que l’Esprit, dont elle est « Fille »
(Comme exemple de cette ancienneté : on se souviendra du mythe Grec de la déesse Athéna, sortie casquées et armée du crâne de Zeus, après que celui-ci ait été fendu, à la demande de Zeus, par la double hache d’Héphaïstos, le Dieu forgeron boiteux, époux d’Aphrodite)
 

Mais, bien qu’immuables et originelles, ces règles ont pris des visages différents dans le temps.

Pour ce qui concerne la franc-maçonnerie traditionnelle, les principes initiatiques adoptés, sont nées dans le contexte culturel de la spiritualité chrétienne occidentale* du Moyen Âge.   

*Cette spiritualité chrétienne elle-même, est née au Moyen-Orient, au point de rencontre du concept de « la Réalité cosmique » de l’Orient, inscrite dans une temporalité immuable et du concept de « la Réalité cosmique » de l’Occident, inscrite pour sa part, dans une temporalité tripartite Indo-européenne (passé, présent, à-venir).

Entre les deux « la Réalité cosmique » du Moyen-Orient s’inscrit dans la temporalité binaire de « l’accompli » et du « non-encore accompli »   

Bien évidemment, cette spiritualité chrétienne doit être envisagée, non pas seulement selon les dogmes de ses institutions religieuses particulières, mais aussi en fonction de ses composantes ésotériques ; de ses influences judaïques ou mystériques antiques sous-jacentes ; de ses hérésies ; de ses réformes et de ses contre-réformes ; et aussi de ses crises, variantes et mises en causes diverses, parfois radicales, qui l’ont parcourue et qui n’ont cessé de l’interroger jusqu’à nos jours.   

Mais, en tout état de cause, et quels que soient les déterminants de la Chrétienté que l’on privilégie, il reste que, dans son fond initial, la Tradition maçonnique emprunte ses allégories et son symbolisme initiatiques, au corpus biblique de l’Ancien et du Nouveau Testament, choisi comme le « Volume » - initiatique – « de la Loi Sacrée »   

Dès lors, et quelles que soient les croyances religieuses de l’Initié, le Volume de la Loi sacrée est la référence essentielle du travail initiatique de la Franc-maçonnerie par le fait même que le système initiatique de la franc-maçonnerie, a été formaté, à partir et autour, de la Spiritualité vivante de la Chrétienté occidentale*.    

*C’est la spiritualité vivante de la Chrétienté qui a donné  « sa » spiritualité à la Franc-maçonnerie traditionnelle.    

Dès lors, si l’on supprime cette « spiritualité vivante » qui a nourri ses allégories et ses mythes, la Franc-maçonnerie se réduit à des spéculations intellectuelles plus ou moins savantes et sèches, dénuées de l’immanence et de la transcendance qui caractérisent toute spiritualité « vivante » ; ce qui a pour conséquence de la priver immédiatement du dynamisme indispensable à son « effectivité » initiatique*.   

(*Insistons sur le terme « effectivité », car l’Initiation formelle, le barbouillage rituélique peut être proposé par n’importe-qui, sans la moindre difficulté de mise en œuvre.    

Une « Initiation formelle » peut toujours être transmise, sauf qu’aucune transmutation spirituelle n’en résulte.    

Tout juste l’intéressé connaît-il quelques émotions psychiques, comme en procurent la musique ou le cinéma. Ce sont d’ailleurs ces « émotions affectives » qui sont la plupart du temps, confondues avec ce que l’on croit être l’Initiation « effective », permettant aux systèmes inauthentiques de produire l’ « illusion initiatique », sans laquelle, ils ne pourraient subsister.   

Dans ces systèmes dénués de spiritualité vivante, la franc-maçonnerie initiatique (pourtant dernier instrument d’initiation effective dont dispose notre société occidentale contemporaine), laisse place à des parodies maçonniques culturelles et quasi anecdotiques ; à un folklore que la pensée mondaine voudrait faire passer pour de la spiritualité.   

Réduite exclusivement à une dimension culturelle et non plus initiatique, l’Initiation maçonnique « substituée » sombre corps et âme dans l’intellectualisme figé et la froideur des systèmes de signes et de savoirs, culturellement convenus et dénués de « souffle » initiatique*.   

Elle sombre aussi parfois, généralement chez ceux qui sont réfractaires aux spéculations intellectuelles, dans un moralisme, voire un piétisme, un dolorisme lui-aussi, culturellement convenu et dénué de possibilités initiatiques.   

*Ce qui confirme que l’on peut parfaitement être culturellement « très savant » ou « très charitable » en Franc-maçonnerie, et ne pas être pour autant, « un Initié »  

L’Initiation régulière récuse tout intellectualisme   

À la condition d’intervenir selon « les règles de la Tradition maçonnique », l’Initiation n’est ni savante, ni une exaltation doloriste de bons sentiments : elle est « initiatique ».    

Cela signifie qu’elle parvient à ouvrir une porte, un passage, dans « la réalité » de l’espace spécifique de la spiritualité.    

Cette « Porte » c’est celle de la « Connaissance » ; laquelle se situe très précisément dans la dimension* spirituelle du Monde, entre les deux Colonnes reliant les puissances du Ciel et celles de la Terre, qui sont les « dualités » fondatrices de la création permanente de la Réalité au cœur de laquelle, l’Humanité est inscrite en partage.   

*Cette dimension est une dimension« réelle » et non pas une spéculation mentale C’est pourquoi le philosophe et orientaliste H. Corbin, Corps spirituel et Terre céleste, la désigne par les vocables spécifiques : « de réalités imaginales »   

Sont « imaginales » les « réalités de l’Esprit » qui apparaissent à une conscience en capacité de percevoir les « réalités spirituelles » (une conscience « réellement » initiée) ; réalités que certains penseurs chrétiens désignent comme celles du « monde de l'âme » (la difficulté ici tient au fait que l’emploi du terme « Âme » est souvent très ambiguë. Aussi peut-être est-il préférable de parler de « Corps spirituel » ou « d’Esprit incarné ») ; et que la théosophie musulmane Chiite appelle « malakūt »   

D’un côté l’on trouve la Colonne de la Force de l’Esprit présent dans le Monde de l’Immanence, sombre et lourde de toute les potentialités du « non-encore accompli » ;   

De l’autre, l’on trouve la Colonne de la Transcendance lumineuse du Royaume de l’accompli, spirituellement affermi dans la Joie et la Beauté de l’Apparition ;   

Seule - chacun l’aura compris - cette « Ouverture à la Connaissance », fait de l’Initié « un Homme libre », « un Homme juste », « un Homme accompli »
« Libéré » de la soumission aux dimensions extérieures et impermanentes du monde, il peut et il sait, agir en conformité avec « l’Ordre spirituel » qui ordonnance le Monde à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.
   

Les exigences de l’Initiation « régulière »   

Nous avons dit que la Franc-maçonnerie régulière est l’héritière contemporaine d’une Tradition ancienne et vivante qu’il convient certes de considérer dans ses formes, mais par-dessus tout, de respecter dans son « souffle » spirituel, si l’on veut pouvoir accéder à l’Initiation véritable.   

Ne nous y trompons pas en effet :    

Les exigences de la Tradition maçonnique sont des exigences de principes et non pas, comme aimeraient le croire les organisations « irrégulières », des exigences cérémonielles et de suivi à la lettre des rituels.   

Car le respect des formes rituelles est facile à satisfaire ; ce qui autorise sans difficulté toutes sortes d’imitations serviles et de falsifications approximatives. (L’imitation servile est aussi le danger de dégénérescence qui guette les institutions qui au départ pouvaient être régulières, mais qui pour des raisons diverses, n’ont pas su faire vivre l’Esprit de la régularité. Cf. : les dérives de la GLNF, emportée, à l’instar des organisations irrégulières,  par le démon de la rivalité et de la domination mondaine cherchant le prestige par le nombre et la communication)   

C’est d’ailleurs parce que « les formes » sont faciles à respecter, que n’importe qui, peut créer à tout moment, une association à prétentions maçonniques et par ce moyen, vendre l’illusion d’une Franc-maçonnerie initiatique.   

C’est au demeurant ce qui se produit fréquemment et pas seulement sur le seul territoire français…    

La Franc-maçonnerie « culturelle » se paye de mots   

L’initiation culturelle est celle que pratiquent les « obédiences » ou « les Loges » qui s’en tiennent à la « lettre » de la maçonnerie ; autrement dit celles qui en reproduisent les « formes mortes » (le folklore), faute de savoir ou de pouvoir « invoquer » une spiritualité vivante sous-jacente.   

Car l’Esprit vivant se rattache au fond initiatique de la Franc-maçonnerie lui-même ancré sur une Tradition spirituelle, elle-même issue de la Tradition primordiale.   

Alors que les rituels (de création tardive par rapport à l’origine de la Franc-maçonnerie) sont des « écrits » approximatifs restitués à partir de compilations hasardeuses rédigées par des auteurs d’inspiration et d’honnêteté intellectuelle, inégales.  

Du seul respect des formes, il ne découle aucune efficience spirituelle, car « l’Esprit seul est Vivant ».   

Pourtant, malgré l’évidente nécessité de la « Présence de l’Esprit  », beaucoup d’obédiences organisent leur système initiatique en feignant de croire et en enseignant qu’il suffit de suivre avec application les indications d’un rituel, vénéré à l’égal d’un texte « sacré »*, pour qu’une initiation intervienne, comme par magie.   

*La vénération du rituel tel un texte sacré, est un travers qui concerne n’importe quel type de rite, que celui-ci soit lu, ou qu’il soit récité par la mémoire mentale de celui qui a appris « par cœur »   

Certes le « par-cœur » est indispensable à une certaine théâtralité cérémonielle, mais il devient pervers s’il est vénéré comme une « finalité » initiatique en  soi, car il génère alors une forme de fausse initiation superstitieuse sur fond l’idolâtrie verbaliste.   

Le problème est exactement le même lorsqu’un rituel n’est plus « appris » mais mal « lu » ; débité mécaniquement comme s’il s’agissait de mots incantatoires qu’il suffirait de « prononcer » pour que l’Initiation intervienne comme par magie.   

Redisons-le encore une fois :   

L’Initiation n’est pas magique, ni superstitieuse. Elle est l’instrument technique et efficient, d’une transmutation spirituelle de l’adepte vers « la Connaissance »   

D’autres obédiences, généralement celles qui sont inféodées à des systèmes initiatiques dits de « Hauts Grades », se lancent pour leur part, à corps perdu, dans des spéculations intellectuelles plus ou moins savantes, faute de se laisser porter par l’insondable profondeur du parcours initiatique dont témoignent les trois degrés de la Franc-maçonnerie traditionnelle et « régulière », (Arche royale comprise pour la satisfaction des « Antients »)  

Pour « ces hallucinés des arrières mondes »*, l’Initiation en trois degrés, porteuse du contenu initiatique de la Franc-maçonnerie traditionnelle, est jugée insuffisante, eu égard à l’insatiable orgueil de puissance mondaine qui les ronge de l’intérieur et qui les pousse à rechercher à des « hauteurs toujours plus inatteignables », les vérités simples qu’ils auraient pu trouver à portée de main, s’ils avaient eu assez de force et de courage pour envisager « le Divin » avec l’humilité nécessaire à l’Initiation véritable . (Être humble c’est « craindre Dieu et respecter les hommes » autrement dit être « digne et sans orgueil » (Parabole « Du Juge qui se fit prier longtemps ». Luc, 18)    

*L’expression « hallucinés des arrières mondes » est de F. Nietzsche, qui décrit ainsi les idéalistes égotiques qui fuient les réalités simples – très insatisfaisantes pour la satisfaction de leur ego surdimensionné - préférant s’évader dans une perpétuelle fuite en avant avec le secret espoir que celle-ci ne débouchera sur « rien », car sinon, il leur faudrait affronter « la réalité en face »**, situation dont ils ne veulent à aucun prix, tant elle leur serait insupportable ;    

** « Affronter la réalité en face » est pour eux une situation horrifique, pétrifiante, révélatrice du degré de la faiblesse spirituelle de celui qui est incapable d’affronter la vanité égotique sur laquelle il a construit sa personnalité. Il est d’autant plus attaché à cette vanité qu’elle lui sert de béquille de vie.   

Pour mieux appréhender la position de l’orgueil pétrifié par sa propre impuissance, relire le mythe Grec de Persée vainqueur de « la Gorgone » (créature hideuse dont le simple regard pétrifie), par lequel Persée se révèle comme l’archétype absolu du vainqueur de l’ego et donc de l’Initié véritable.

Nietzsche place aussi dans la catégorie des falsificateurs et des faux prophètes, tous « les vendeurs de lendemains », qui situent leurs promesses dans l’inatteignable et l’invérifiable, afin que personne ne puisse jamais démontrer que la marchandise proposée est une réalité chimérique. (Idéalisme d’évasion, manifestation type de l’orgueil impuissant)   

Pour Nietzsche, la « Spiritualité » s’oppose tout autant, sinon plus, à l’Idéalisme qu’au Matérialisme, car la Spiritualité à « une chair » qui fait d’elle une « réalité » vécue, (une réalité « imaginale », un « corps spirituel ») alors que les « idées » ne sont que des abstractions de l’intellect, des illusions produites par la fuite asymptotique de la pensée.   

(Nietzsche est ainsi le pourfendeur de l’idéalisme occidental, dans lequel il voit la cause du nihilisme de la pensée « Moderne » issue « des Lumières »)    

L’Initiation maçonnique n’est ni magique, ni savante.   

Elle est « effective » à la condition cependant d’être « spirituelle » comme l’exigent les règles de fond, de l’initiation « régulière »   

RAMINAGROBIS
(Prochain article : La souveraineté initiatique de la Loge, condition primordiale de la régularité)

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Published by Raminagrobis
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commentaires

le voyageur 12/01/2014 19:34

TC Raminagrobis,
juste (si besoin est!) pour confirmer que les "hauts grades" ont à leur tête les intellos bac + 8 ou pire encore, les "ceusses qui se sont fait eux mêmes" et qui rendent volontairement difficile
l'enseignement afin de justifier leur place et, accessoirement, rendre confortable leur position puisqu'ils ne connaissent que ce mode d'enseignement.
Tu connais le mot d'humour sur les médecins: "faites ce que je vous dit mais pas ce que je fait".
L'enseignement par l'exemple?... connais pas!
Très fraternellement.

Raminagrobis 13/01/2014 09:13



Tu as raison il y a "les intellos" du système et ceux qui jouent aux "intellos" Tous rivalisent sur le terrain "culturel" de la surenchère des faux semblants du "savoir mondain", lequel est
devenu soit un "barbouillage", "un digest" soit une "spécialité pour spécialistes" (sic) qui peuvent au demeurant nous raconter "n'importe quoi" (si précisément nous n'avons pas accédé
à "la vision" spirituelle) ;
Cela ne signifie pas qu'à l'inverse, l'ignorance et la désinvolture sont des vertus initiatiques. Loin de là.
Ma conviction est que seule l'Initiation véritable (traditionnelle et régulière) permet d'atteindre l'Esprit et donc "la Connaissance" qui n'est pas connaissance "de Vérités", mais des
"chemins de la vérité"
Bise fraternelle