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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 12:57

Les enjeux :

L’avenir obédientiel de la GLNF dépend désormais de la réforme entreprise par son actuel Grand Maître.

Celui-ci possède un savoir-faire, des moyens et des relais d’action qui sont les siens. Mais il hérite surtout, en l’état de la gouvernance statutaire actuelle, du pouvoir quasi absolu qui était celui de son prédécesseur.
Certes cet absolutisme est tempéré par les conditions spécifiques de son élection et il doit tenir compte des traumatismes dont la GLNF reste meurtrie après trois années de déchirements et de crispations.

Toutefois, dès lors que la fonction de Grand Maître lui est acquise et que ses opposants sont (à priori) positionnés à l’extérieur, dans une hostilité aboyeuse et stérile, c’est lui et lui seul, qui détient "les clés" de la réussite ou de l’échec.
À lui d’en faire la meilleure utilisation possible en portant prioritairement son attention sur cette absurdité « maçonnique » que constitua la mise en place entre 1997 et 2009, d’une gouvernance despotique confiée au seul Grand Maître (*)

Car c’est elle qui est à l’origine de la crise d’identité sans précédent qu’a connue la GLNF pendant ces trois dernières années et qui explique que la GLUA ait retiré sa reconnaissance de régularité.

*(Gouvernance despotique dont la dangerosité mortelle n’est plus à démontrer. On veut croire en effet qu’il est acquis pour tout le monde que la situation dans laquelle se trouve la GLNF aujourd’hui témoigne suffisamment de la nocivité des structures de l’ancienne gouvernance et on veut croire aussi que la mesure d’exclusion qui a frappé l’ancien Grand Maître, se voulait avant tout la condamnation exemplaire de l’orientation indigne qu’il a donnée à la gouvernance de la GLNF)

L’actuel Grand Maître, élu sur la promesse d’une réforme, doit agir vite, d’autant plus vite et d’autant plus fort que cette gouvernance despotique qui demeure institutionnellement (pour peu de temps encore, nous l’espérons) celle de notre obédience, heurte profondément la sensibilité des Anglais, qui la trouvent ridicule et particulièrement funeste pour l’image de la maçonnerie régulière dans le monde.

La GLUA voit en effet dans l’absolutisme du pouvoir du Grand Maître, un mélange de « papisme », de « bonapartisme » et d’« ostentation prétentieuse », caractéristique d’une arrogance roturière qui, voulant se donner des allures aristocratiques ne parvient au final qu’à incarner la figure grotesque et veule, du tyran domestique et sectaire.

Bref la GLUA voit dans une gouvernance livrée aux caprices d’un pouvoir absolu remis aux mains d’un matamore, le contraire d’une organisation maçonnique qui par « nature », ne devrait réunir que des « gentlemen » dans un « Ordre » fait par et pour, des « gentlemen »*.

*(Pour caractériser un « gentleman », retenons sur Wikipédia le dicton anglais judicieusement cité par feu l’humoriste P. Desproges : « Un gentleman est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui n’en joue pas »)

Pour la GLUA, un Ordre maçonnique n’est pas et ne saurait être, un ensemble d’individus liés par un serment de fidélité prêté à un « chef suprême » censé en vertu de statuts arbitraires, personnifier l’essence de la maçonnerie.

C’est une communauté de Francs-maçons qui s’ordonne selon une hiérarchie de « dignitaires », afin de constituer et de protéger la fraternité initiatique des Francs-maçons.

C’est pourquoi la GLUA ne pouvait tolérer plus longtemps notre gouvernance qui traitait en fait, et aussi en droit dans ses statuts, ses ressortissants pourtant choisis à priori parmi des « hommes libres et de bonnes mœurs », comme des « petits soldats » assujettis à la figure tutélaire du « chef »  doté du pouvoir d’incarner le bien de l’Ordre et les bienfaits initiatiques de la maçonnerie.

Pareille gouvernance représentait une manière grotesque de conduire l’Ordre maçonnique, et surtout constituait une offense inqualifiable faite à l’Art Royal, que la Franc-maçonnerie régulière, a pour vocation de diffuser partout dans le Monde.*

*L’esprit anglais est ainsi fait.

N’oublions pas que l’Angleterre a dès le début du XIIème siècle connu sa première Charte des Libertés et que la « Carta Magna Libertatum » de 1215, a posé  les bases des Libertés individuelles en limitant l’absolutisme royal et en instaurant un « habeas corpus » qui interdit l’emprisonnement arbitraire des sujets du Royaume, pour aboutir au célèbre « Bill of Rights » de 1688 qui a établi la monarchie parlementaire.
Rappelons que ce furent ces  principes qui inspirèrent les réformateurs et philosophes français qui souhaitaient que le modèle Anglais fut adopté par la Monarchie française pour épargner à la France les excès d’une Révolution brutale et ce sont au demeurant ces mêmes principes qui valurent et qui valent encore à l’Angleterre et à la Maçonnerie en général, les marques d’hostilité de tous les adeptes des absolutismes politiques et religieux.
N’oublions pas enfin que ce sont ces principes qui inspirèrent au final la Constitution des États-Unis et la Déclaration Universelle des Droits de l’homme.
Ils sont constitutifs de l’ « Esprit anglais » et ainsi, indissociables de la Franc-maçonnerie en ce qu’ils posent la dignité de la personne humaine comme fondement d’une Franc-maçonnerie dont la vocation est de révéler en chaque homme, les potentialités divinement supérieures de l’humanité.

Dès lors, un Grand Maître aux pouvoirs despotiques, usant de ces pouvoirs comme le fit le précédent Grand Maître, était aux yeux de la maçonnerie anglo-saxonne, une sorte de rustre malfaisant.

Ceci explique la sècheresse avec laquelle est intervenu le retrait de « reconnaissance de régularité » par la GLUA ; cette dernière prenant soin de préciser toutefois qu’elle sanctionnait la gouvernance et les institutions de gouvernance, et non pas la GLNF historique et ses Maçons.

D’où également, en préalable à toute reprise de discussion sur un éventuel rétablissement de reconnaissance, l’exigence posée par la GLUA d’une exclusion immédiate de l’ancien Grand Maître. Il fallait en effet qu’il soit publiquement proclamé devant la maçonnerie du monde entier, que les comportements antimaçonniques dont l’ancien Grand Maître s’était rendu coupable correspondaient à une vision de la maçonnerie absolument détestable.

Mais bien évidemment, chacun comprend aussi que cette condamnation hautement emblématique n’était qu’un préalable, car nos amis anglais attendent maintenant avec intérêt, que disparaissent dans les prochains statuts de la GLNF, les dispositions qui ont « légalisé » cette gouvernance calamiteuse.

Cela signifie que, non seulement les dispositions à caractère despotique contenues dans les statuts de 2009 doivent être éliminées, mais qu’il faudra aussi pour que cette élimination soit acquise durablement, que les conceptions antimaçonniques qui les ont inspirées soient écartées du champ doctrinal de la GLNF.

Tel est l’enjeu prioritaire de la réforme à venir.

Enjeu crucial pour la survie de la GLNF car il va de soi que si par impossible, les partisans de l’autoritarisme despotique maintenaient plus ou moins implicitement leur doctrine, la GLNF perdrait tout espoir de reconnaissance de « régularité » ; et cette « régularité » s’en irait aussitôt, là où précisément l’attendent avec impatience, les composantes de la Confédération maçonnique de France et singulièrement la GLAMF.

(En admettant un instant que cette éventualité se réalise, qu’adviendrait-il de la GLNF ? Quel genre de « maçons » accepterait encore de participer à une maçonnerie  définitivement écartée de la régularité et qui de plus, n’offrirait à « ses maçons » que la structure vide et sans âme d’une association entièrement inspirée par la « puissance spirituelle » de son  chef ?)

Comme on le voit, l’enjeu de la réforme est capital.

C’est pourquoi, redisons-le encore  une fois : la rentrée d’automne sera décisive.

Toutes les formes d’opposition tant intérieures, qu’extérieures vont vouloir mettre en échec la réforme du Grand Maître (Pour l’analyse des intentions sous-jacentes à cette offensive lire OFFENSIVE D’AUTOMNE - Le blog de le-myosotis.de.septimanie.over-blog.com et les deux articles qui précédent.

Car les « sous-marins de la GLAMF »* rejoints pour la circonstance par les nostalgiques du césarisme stifanien et par tous ceux qui souhaitent l’échec de l’actuel Grand Maître, chercheront à maximaliser les conflits et à torpiller les bonnes volontés.

*(On désigne ainsi les sympathisants de la GLAMF restés dormants ou revenus au sein de la GLNF avec le secret dessein d’y fomenter quelque agitation destructrice)

Face à cette offensive, le grand maître va devoir s’appuyer sur les bonnes volontés et la vigilance de tous ceux qui souhaitent le redressement de la GLNF.

Une réforme des statuts est indispensable car les statuts ont très précisément pour fonction de définir le type de maçonnerie que propose une obédience (il n’existe pas d’autres moyens de le faire)

Aussi, dès lors qu’un projet de réforme a été établi, est-il légitime de s’interroger : 

  • Ce projet est-il recevable en l’état ? Propose-t-il un réel changement maçonnique ? N’est-il pas un faux semblant destiné à sauvegarder coûte que coûte des situations acquises ? Les changements apportés par la réforme répondent-ils aux raisons profondes de la crise que nous venons de traverser ? Seront-ils considérés comme satisfaisants par la GLUA ?

Autant d’interrogations qu’il nous semble possible de rassembler en une seule :

  • Prenant en compte les leçons d'un passé récent et douloureux, ainsi que les forces en présence et les compromis sans lesquels aucune concrétisation n’est possible, est-ce que les principes maçonniques fondateurs de la GLNF, ceux auxquels nous avons adhéré en entrant à la GLNF et qui en font sa spécificité obédientielle et sa régularité reconnue, sont présents (et resteront durablement présents) dans les statuts proposés ?

Telle est à notre avis la seule question qui vaille.

Mais encore faut-il se mettre d’accord sur ce que sont les principes fondateurs de la GLNF et notamment sur la conception de l’Ordre maçonnique dont les pratiques ont été détournées par l’ancienne gouvernance vers une sorte de caporalisme insensé, qui fut à l’origine des nombreuses et très souvent légitimes protestations que l’on a connues.

L’Ordre maçonnique.

Nous aurons sûrement l’occasion de revenir sur le sujet, mais précisons immédiatement afin d’en finir avec les malentendus, que la dénonciation du pouvoir despotique et foncièrement contre initiatique du Grand Maître tel qu’il est inscrit dans les statuts de 2009, ne doit pas être confondue avec le rejet de la structure centralisée de la maçonnerie ordinale de type anglo-saxon, que la GLNF a toujours pratiquée.

*Cette confusion entre despotisme du Grand Maître et organisation de l’Ordre a jusqu’à présent servi de camouflage aux partisans du dogmatisme despotique qui l’ont instrumentalisée afin de se rallier à bon compte les tenants de la GLNF ordinale. Il s’agissait de renvoyer tous ceux qui dénonçaient l’absolutisme du Grand Maître et l’autoritarisme de sa gouvernance, dans le camp des abominables « anarcho-fédéralistes » censés vouloir ouvrir la porte aux pires divagations maçonniques.   

C’est pourquoi, pour en finir avec cette confusion artificiellement entretenue, nous redisons qu’il n’est pas contestable que la GLNF des fondateurs, créée avec la bénédiction de la GLUA a été, dès l’origine, structurée autour d’UNE Grande Loge présidée par UN Grand Maître assisté de son collège d’officiers. (La part prépondérante des dispositions protocolaires des statuts d’origine témoigne de cette organisation obédientielle qui est celle de toute les « Grandes Loges » anglo-saxonnes)

Cette Grande Loge était jusqu’en 1997, le « regroupement » pur et simple de toutes les Loges de l’Obédience.

Ainsi chaque Loge était-elle membre de la Grande Loge et les Grands officiers étaient-ils choisis par le Grand Maître parmi les Maîtres maçons des Loges, établis pour la circonstance, dignitaires de la hiérarchie ordinale de la Grande Loge.

(Ce ne sont là au demeurant que les caractéristiques habituelles des Ordres chevaleresques* très présents au Royaume uni.

*(En France, n’importe quelle association peut se définir statutairement comme constitutive d’un Ordre (maçonnique ou autre) et délivrer dans ce cadre des titres, des distinctions et des médailles, puisque les qualificatifs, titres et autres appellations, sauf ceux de la Légion d’honneur, ne sont pas définis officiellement, ni protégés juridiquement. Notre droit public les qualifie d’« Ordres de fantaisie » et leur recensement est confié à la chancellerie de l’Ordre de la Légion d’honneur. Les statuts des Ordres « de fantaisie » sont de droit privé et ils définissent librement les objectifs et le fonctionnement de l’Ordre par un contrat statutaire, qui établit les seules règles applicables « à l’Ordre ». Ce sont, au demeurant, ces règles contractuelles et privées, que les tribunaux sont ensuite tenus d’appliquer en cas de conflit. (aussi extravagantes soient-elles, dès lors qu’elles restent dans les limites de l’ordre public et des bonnes mœurs)

Dans un tel regroupement associatif de Loges, le statut juridique des Loges de base n’était pas défini par le règlement de l’obédience. De ce fait, les Loges étaient, par défaut, des « associations », lesquelles étaient dépourvues de personnalité morale puisqu’elles n’étaient pas « déclarées ».

En 1997 une association civile nouvelle de personnes individuelles, appelée elle aussi « GLNF », regroupant directement tous les maçons de l’obédience et non plus les Loges, est apparue et a pris en charge la gouvernance de l’obédience GLNF.

C’est dans le cadre de cette structure nouvelle que la dérive d’un pouvoir absolu, y compris initiatique, accordé au seul Grand Maître est intervenue, comme l’expriment les statuts actuels de 2009.

De ce fait, l’Ordre statutaire de la GLNF, au départ Ordre maçonnique authentique, a été détourné pour devenir un Ordre caricatural, au service non plus de la maçonnerie régulière, mais  d’une fausse maçonnerie, totalement assujettie aux visions personnelles du Grand Maître.

On connaît la suite…
Ordre maçonnique véritable et faux Ordre maçonnique

On l’a dit et répété. La GLNF, de tradition maçonnique anglaise est depuis l’origine une structure de type ordinal. Cependant ce n’est pas un « Ordre » quelconque. C’est un Ordre traditionnel de Francs-maçons constitué selon le modèle anglais. Il s’agit en fait d’une confrérie d’hommes « libres et de bonnes mœurs » initiés selon les méthodes initiatiques de la Franc-maçonnerie traditionnelles. (Telle était la structure dont témoignent sans contestation possible les statuts antérieurs de la GLNF jusqu’en 1997)

Mais une difficulté demeure pour savoir ce qui distingue un Ordre maçonnique d’un faux Ordre maçonnique qui revendique statutairement cette appellation sans que personne ne puisse juridiquement la lui contester.

La frontière qui sépare la maçonnerie régulière anglo-saxonne d’avec une maçonnerie associative de simulacre relève en fait d’un constat d’évidence :

  • ·        Un « Ordre » maçonnique régulier ne saurait initier ses membres car les principes fondamentaux et les méthodes traditionnelles par lesquels l’influence spirituelle nécessaire à l’initiation se manifeste, ne peuvent être effectifs qu’en Loge de Maîtres-maçons, conformément aux règles ancestrales de la maçonnerie traditionnelle (En effet les Mystères par lesquels l’initiation et les transformations maçonniques se réalisent ne peuvent opérer que dans le cadre et par l’effet d’une Loge régulière constituée d’initiés Maîtres maçons)
  • ·        La fonction de l’Ordre consiste dès lors, non pas à initier (ce qui est impossible en maçonnerie régulière), mais à regrouper en une « Confrérie », tous les Francs-maçons reconnus comme tels pour avoir été préalablement et régulièrement initiés à l’Art royal de la franc-maçonnerie » dans « le saint » d’une Loge initiatique.

L’Ordre est donc une communauté de Francs-maçons organisée à des fins de partage, de protection et de rayonnement de la Franc-maçonnerie. Sa fonction est de servir la maçonnerie, en faisant vivre et en protégeant la communauté des francs-maçons, afin que ceux-ci puissent sous la protection de l’Ordre, initier de nouveaux membres, pratiquer l’Art Royal et nourrir leur spiritualité maçonnique, dans des Loges initiatiques.

Telle est la fonction chevaleresque d’un Ordre maçonnique de conception anglo-saxonne.

Et c’est précisément lorsque des esprits ignorants, irresponsables et orgueilleux, ne différencient plus les fonctions sacrificielles de la Loge initiatique d’avec les fonctions protectrices de l’Ordre, que la structure ordinale perd immédiatement sa nature maçonnique pour sombrer dans la dérision.

C’est notamment ce qui est advenu lorsque la gouvernance de la GLNF, par les statuts de 2009, a supprimé la  Loge comme lieu primordial de transmission initiatique, rompant ainsi tout lien avec l’initiation maçonnique traditionnelle et régulière ; et plus précisément lorsqu’elle a remplacé l’initiation régulière et traditionnelle de la Loge, par une fausse initiation émanée de la puissance spirituelle transcendantale du Grand maître, que ce dernier était censé déléguer au Vénérable Maître de la Loge.

En faisant cela, la gouvernance de la GLNF a travesti la maçonnerie de la GLNF en une maçonnerie obédientielle (ou ordinale) de simulacre.*

*Nous ne reviendrons pas ici sur l’illégalité (voire l’inexistence juridique) de la mise en place de cette perversion, qui selon nous, autorise chacun à la considérer comme inexistante ou du moins inopposable « en droit » (inexistence des modifications statutaires de 1997 et surtout impossibilité absolu** pour qui que ce soit, de changer l’objet fondamental d’une association (Dans notre cas : la nature traditionnelle et régulière de la maçonnerie de la GLNF) sans un vote unanime de tous les membres de l’association.

** (La nature contractuelle des statuts associatifs en général exige l’unanimité, dès lors que l’on change les principes fondamentaux en considération desquels les membres d’une association ont adhéré à l’association et sans lesquels ils n’auraient pas adhéré. (Cf. : la jurisprudence bien connue dite du syndicat  « CFTC ». Une association ayant pris naissance avec un objet précis à partir de principes précis, ne saurait changer de nature en fonction des caprices des pouvoirs ou des majorités du moment. Un contrat est un engagement qui ne peut être défait que si tous les cocontractants concernés sont d’accord de telle sorte que des modifications statutaires ne sont possibles que si les statuts les autorisent et encore à condition de ne pas toucher aux fondements essentiels de l’objet associatif)

S’étant ainsi emparé de la sacralité initiatique des Loges et grisé par la jouissance de son pouvoir absolu, le Grand Maître s’est ensuite enfermé dans une surenchère infinie de vanités, rigidifiant l’application des dispositions statutaires et organisant, par des artifices de basse communication, la déculturation systématique de l’obédience.

C’est ainsi qu’il a entrepris de promouvoir la glorification de son pseudo « Ordre de Grand Maître selon ses statuts de 2009 » ; les présentant comme le nec plus ultra de la maçonnerie traditionnelle anglo-saxonne.

Il fut alors proclamé à tout propos et hors de propos que la GLNF des statuts de 2009 étant l’« Ordre » maçonnique par excellence, toute participation à cet « Ordre » exigeait de ses membres une obéissance aveugle et un dévouement inconditionnel à la gouvernance ; à peine en cas de contestation, (voire de simple scepticisme affiché), d’être publiquement proclamé et sanctionné comme un parjure « irrespectueux des serments prêtés à  l’Ordre ».

Une période d’obscurantisme s’en est suivie, le Grand Maître faisant régner d’une main de fer son « ordre statutaire arbitraire » et exigeant que ses officiers fassent de même.

(Son aveuglement alla jusqu’à considérer que le retrait de reconnaissance prononcé par la GLUA était injuste puisque, « son » Ordre statutaire étant la Perfection maçonnique absolue, nul, pas même la GLUA, ne pouvait le sanctionner)

Nous n’insisterons pas plus avant, puisque plus personne de sensé aujourd’hui ne conteste (du moins on l’espère car sinon c’est à désespérer) que les statuts de 2009 sont des statuts de folie et qu’il convient avant toute chose de les changer en rétablissant l’Ordre véritable de la GLNF dans la régularité maçonnique qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Rétablir la régularité de la maçonnerie de la GLNF pour rétablir l’Ordre maçonnique traditionnel et vertueux

Si à l’inverse des délires de l’ancien Grand Maître l’on revient à la juste distinction entre la fonction initiatique fondamentale de la Loge et la fonction ordinale de l’Obédience, alors le système redevient régulier et vertueux.

La glorification de l’obédience* n’est plus confondue avec le « Bien de l’Ordre » et la Gloire de l’Ordre s’illumine enfin des seules qualités maçonniques de ses francs-maçons.

*(Qu’est-ce en effet que la gloire d’une obédience ? Sinon une vaine compétition sociétale consistant à revendiquer « une supériorité maçonnique » par le nombre des affiliés associatifs et par le nombre des Loges qui les regroupe)

En rétablissant la distinction entre la fonction initiatique fondamentale de la Loge et la fonction ordinale de l’Obédience :

  • ·        L’admission d’un Franc-maçon redevient la « réception » d’un « initiable » choisi parmi les « hommes libre et de bonnes mœurs »
  • ·        Et la création d’une nouvelle Loge, redevient un acte solennel décidé uniquement à l’aune de la seule conception initiatique de la Loge.

La folle course aux recrutements racoleurs disparaît et la Franc-maçonnerie initiatique redevient la raison d’être de l’Ordre maçonnique.

 

********

Le mal qui a frappé notre obédience est aujourd’hui clairement diagnostiqué et le remède à apporter est connu : revenir aux principes fondateurs, garants de la régularité maçonnique de l’obédience.

Fort de ces analyses nous pouvons maintenant nous interroger pour savoir si, dans le projet de réforme que propose le Grand maître, les leçons de la crise ont bien été tirées et si les remédiations nécessaires ont été apportées.

Nous n’entrerons pas ici dans les détails, mais il est possible d’ores et déjà de considérer que le projet proposé réoriente très sérieusement notre GLNF dans le sens vertueux que nous avons décrit ci-dessus et que de facto et de jure, le texte de la réforme proposée rétablit assez largement notre GLNF dans l’axe de ses statuts fondateurs.
Certes, d’aucuns feront remarquer que cette réorientation intervient en des termes précautionneux, voire avec une certaine timidité.

Mais n’oublions pas que nous revenons de très loin et que le poids de l’héritage reste encore lourd.

Aussi notre « bonne volonté » doit-elle admettre qu’en lieu et place de l’idéal que nous avons un temps envisagé, nous devons accepter des propositions qui se situent dans l’ordre du possible à partir du moment où ces dernières n’induisent pas une renonciation sur l’essentiel.

L’essentiel, répétons-le, est que les principes fondateurs de la maçonnerie régulière, ceux auxquels nous sommes attachés et pour le rétablissement desquels nous nous sommes battus, retrouvent enfin toutes leurs places parmi les maçons de la GLNF.

RAMINAGROBIS

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Published by Raminagrobis
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commentaires

le voyageur 09/09/2013 19:53

Cher Raminagrobis,
je souhaite témoigner au moins sur un point:
- inutile de craindre l'avenir à la GLNF! Tout le monde a compris (y compris les chefs): un dérapage et la moitié des effectifs s'en va (et pas à la GLAMF).
c'est la meilleure des garanties.
le reproche de manque de démocratie? prière de venir voir vivre les loges.
Très fraternellement.

Raminagrobis 10/09/2013 09:07



Mon cher Voyageur,
Je le pense aussi.
Mais il n'est pas inutile de faire un peu de propédeutique en soulignant les orientations de la réforme. Cela reste utile pour quelques attardés du caporalisme - il en reste encore quelques
uns - et surtout pour les détracteurs combattants, qui lancent ici ou là les "peaux de bananes" sur lesquelles certains, qui n'ont pas le temps d'analyser, pourraient se  laisser
prendre.
S'agissant de la "démocratie", j'ai toujours considéré qu'elle n'était pas le sujet. La participation à un Ordre maçonnique ne peut pas être une affaire de consensus gestionnaire politique mais
de fraternité initiatique. Et la fraternité initiatique relève de l'initiation et donc de la Loge d'initiés. Pas d'un consensus habile ou démagogique entre individus.
Merci d'avoir lancé et permis ces mises au point essentielles.



joaben 09/09/2013 18:40

"J'aurai certainement l'occasion demain d'être plus explicite."
dis-tu .....
C'est bien ce qu'on te reproche ... te contenter des declarations publicitaires et te refuser à aborder la réalité des textes ...

Raminagrobis 10/09/2013 09:24



Je t'ai déjà répondu que chaque chose viendrait en son temps. Pour l'instant il s'agit d'une mise en perspective. Condition indispensable pour un débat sérieux et constructif.
Les polémiques à l'emporte pièce ou les "jokes" des gros malins sont stériles dans la perspective qui est la mienne.
C'est ainsi.



L'Ange Boufareu 09/09/2013 01:06

Est-ce ça a changé à la GLNF ? Est-ce que la Loge est souveraine avec son compte? Qu'est devenu l'ancien GMP ? Il serait au CA de la GLNF. L'ancien DGMP serait devenu GMP: il y a de quoi rigoler.
Est-ce là la réforme? Bon courage Raminagrobis

Je me souviens d'une saine analyse:
"Dans le système 1997, la loge (purement administrative) ne s’appartient pas, elle ne possède qu’une vague autonomie de fonctionnement par délégation et sous tutelle stricte de la hiérarchie de
l’association. Cette autonomie peut lui être retirée à tout instant et les décisions prises sont soumises à l’approbation formelle ou tacite de la hiérarchie. (C’est ainsi que lors de la dernière
AG de la GLNF, il était indiqué par Pisan - par l’intermédiaire des OOPP - que le VM pouvait décider seul du vote de la loge à l’assemblée générale, sans avoir à tenir compte ou même à demander
l’avis de la loge. Cette attitude est conforme aux statuts actuels (post 97), mais fondamentalement contre initiatique car, contraire au Landmark de la souveraineté des Loges)

La réappropriation de la souveraineté de la Loge passe donc par la réappropriation de la loge par ses MM maçons réunis, non pas dans l’arbitraire d’un groupe quelconque, mais dans la communauté des
Maçons initiés travaillant en conformité avec les Landmarks de la maçonnerie initiatique.

La réappropriation de la souveraineté de la Loge selon les statuts de 1986 passe elle, plus précisément par le respect des règles de fonctionnement de la maçonnerie traditionnelle, tel qu’il est
défini par les "Constitution et le Règlement général de la GLNF de 1986".

Raminagrobis 09/09/2013 14:27



Tu as de très bonnes lectures et de très bons souvenirs. Mais je ne suis en rien responsable de la compréhension que tu en as retirée.
Je maintiens totalement le bienfondé de ce qui a été écrit.
Et je maintiens aussi que la réforme proposée va dans le bon sens.
J'aurai certainement l'occasion demain d'être plus explicite.
Quant aux hommes que tu dénonces, ils se sont engagés derrière la réforme avec zèle et je crois aussi, avec conviction. Pourquoi ne pas envisager de leur part qu'ils puissent être fidèles
aux nouveaux statuts?
Ils sont passés si près de la catastrophe que, même s'ils ne sont pas devenus momentanément aveugles, ni tombés de cheval, comme Paul de Tarse, ils ont nécessairement compris beaucoup de
choses.
Beaucoup plus en tout cas que ces chantres de la pureté maçonnique qui, rameutés en bloc derrière leur hiérarchie de pacotille, se sont hier empressés de produire, par tous les mauvais moyens que
l’on connait, une maçonnerie d'ayatollahs, taillée à leur (prétentieuse) mesure.



Le voyageur 28/08/2013 23:11

Cher Raminagrobis,
toi au moins tu as fait autre chose que "farniente" malgré la chaleur!
Tes propos sont superbes comme d'hab!
Effectivement, il y a de l'espoir!
et pour te faire rire, la lucidité ira même jusqu'à supprimer l'article 164...
Une pique au passage pour nos amis à la casquette violette qui guettent dans l'ombre:
leur association ne peut que fonctionner sans critique interne:
- seuls sont membres actifs (vote du budget et modifications des statuts) les 33 membres du conseil...

allez, j'arrête et toi continue!

Raminagrobis 29/08/2013 09:55



Ah, ces casquettes violettes.
Toujours en soucis, je suppose !



joaben 28/08/2013 19:41

On peut en effet être d'accord sur ton constat sur le despotisme mais aussi l'arnaque financiere de la GLNF sans en oublier que le GM actruel en etait un des acteurs, present au CA !
Il n'a jamais manifesté quelque réticence aux orientations prises !
Au contraire il est à l'origine du "GM ultime lien entre Dieu et les hommes".

Tu parles d'une reforme nécessaire, Oui ! Mais nous ne sommes plus dans des souhaits pieux pour le futur !
Le contenu de la dite "reforme" tel que la conçoit Servel est connu, publié !

Et il ne s'agit pas de "timidité" dans la reforme ! Son projet consiste à un accroissement du pouvoir du GM, de la representativité des nommés du SGC vis à vis des loges, de recul du pouvoir des
VM, aucun contre-pouvoir, pas un mot dans le sens des "loges souveraines" !

Donc Raminagrobis, nous ne sommes plus au stade de vagues souhaits, mais de l'analyse des propositions !
L'ensemble du projet Servel consiste en un verrouillage des loges !
Je ne doute pas que ses services de propagande se chargeront d'emballer cette réalité pour faire gober une soit disant réforme ...
Mais je serais fort déçu que tu te joignes à ce concert !

Je t'ai invité à nous citer précisément quels articles du "avant-projet" irait dans le sens que tu preconises !

Dernierement nous avons eu droit au scandale de l'OAF, budget proposé par les equipes Servel : Il fait empirer la situation (52 % de frais de gestion Pire que l'ARC) et vire les dirigeants prêts à
parler, detournements des fonds OAF avéré !
Servel qui a tous les pouvoirs a-t-il fait quelque chose ?

A part désigner en bouc-emissaire Stifani à la vindicte populaire, ce qui est plutôt minable, qu'a-t-il fait ? Encourager des courtisans, remercier ceux qui ont tourné leur veste à temps et accru
la repression et le verrouillage !
Donc, oui, une reforme GLNF est nécessaire ! Mais certainement le verrouillage total et la centralisation des pouvoirs et la derive sectaire de Servel !

Donc, tu peux evacuer bien sûr sur une soit disant mechanceté ... ca fait partie des ficelles des courtisans de Servel ! Pas toi !

Raminagrobis 29/08/2013 09:52



Tu te doutes bien que mon article n'est pas une analyse de plus sur les raisons de la crise de la GLNF.
J'évoque très précisément les anomalies sur lesquelles le projet de réforme est intervenu, sachant que cela s'effectue sous le regard attentif et exigeant de la GLUA.
Car rétablissement de reconnaissance de régularité oblige d'autant plus d'effort, qu'une compétition féroce est engagée avec la Confédération maçonnique française soutenue par cinq loges
"régulières" européennes.
Pour les détails, il ne saurait être question de se lancer dans des considérations textuelles détachées de la structure d'ensemble du texte proposé. Ce ne serait pas ... une étude sérieuse et les
polémiques à partir de bribes de textes détachées de leur contexte me fatiguent.
Question de méthode.
Frat.