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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 07:39

De nombreuses fractures parcourent la Franc-maçonnerie française.
Certaines ont été laissées par l’histoire. Mais d’autres plus profondes, plus internes, signalent des faiblesses intrinsèques que la Franc-maçonnerie doit sans cesse surmonter.

La fracture historique de 1877
En France, la fracturation historique la plus conséquente s’est produite à la fin du 19ème siècle, dans le contexte de la querelle « laïque » qui opposa sous la 3ème République, l’État français à l’Eglise catholique romaine, pour aboutir le 9 décembre 1905, à la promulgation de la loi dite « de séparation de l’Église et de l’État »

Partie prenante dans le camp des « anticléricaux », le Grand Orient de France, qui était alors un membre reconnu de l’Ordre mondial de la Franc-maçonnerie régulière, s’est questionné en interne sur la nécessité de conserver la règle maçonnique de la croyance en Dieu, « Grand Architecte de l’Univers », et la consécration des travaux de Loge, « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers »
Majoritairement, les Loges du Grand Orient de France ont décidé l’abandon de ces règles lors du convent du 11 septembre 1877.
(Quelques Loges minoritaires, opposées à cet abandon, fonderont plus tard la GLNIRFC qui deviendra la GLNF)
En mars 1878, tirant les conséquences de ce choix, la GLUA, gardienne des règles de l’Ordre mondial, a considéré que le Grand Orient de France ne faisait plus partie de l’Ordre régulier (ainsi d’ailleurs que ses homologues Belges, Italiens et Hongrois).
S’en est suivi dans les pays sous influence française, l’émergence d’une franc-maçonnerie nouvelle -autonome par rapport à la Franc-maçonnerie originaire anglaise- philanthropique et morale, fondée sur les principes de fraternité humaniste et républicaine, ainsi que sur la croyance positiviste et progressiste en la science. Elle travaille pour l’amélioration de la société humaine.
C’est autour de cette orientation que s’est constitué en France, mais aussi en Europe et en Amérique latine, le courant maçonnique dit « libéral », par différenciation d’avec la Franc-maçonnerie traditionnelle, qualifiée de « dogmatique » par les libéraux, dès lors qu’elle reste attachée à la croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers.

Comme on le voit, la rupture entre les pratiques et les finalités de la Franc-maçonnerie « libérale » et celles de la Franc-maçonnerie « régulière » est intervenue dans des circonstances historiques très particulières.
N.B. : Il faut préciser que l’antagonisme politique de la France et de l’Angleterre, nourri des séquelles des guerres napoléoniennes et de conflits pour le partage colonial de l’Afrique, était alors très marqué, même si « l’Entente Cordiale » contre l’impérialisme allemand- a largement contribué à apaiser les tensions.
S’agissant des séquelles napoléoniennes, souvenons-nous que Napoléon 1er avait fait du Grand Orient de France une officine de propagande idéologique, exaltant l’image d’une armée napoléonienne, porteuse de l’idéal révolutionnaire de Liberté et combattant pour la libération des peuples européens, opprimés par « la tyrannie et l’obscurantisme des vieilles monarchies ».

Les menaces intrinsèques
Nous avons eu l’occasion d’évoquer ici, à plusieurs reprises, le fossé qui sépare les Francs-maçons initiatiques, qui croient à la puissance véritablement transformatrice du processus initiatique, d’avec les Francs-maçons clubistes, pour qui l’initiation n’est qu’un folklore de connivence permettant de donner une apparence maçonnique à des activités étrangères à la Franc-maçonnerie. (On songe notamment aux coteries politiques ou affairistes, aux carriéristes et aux intrigants mondains toujours en addiction de titres et de médailles, etc.)
Rappelons simplement que le clubisme maçonnique est éminemment à l’œuvre, chaque fois que des membres de l’Ordre, instrumentalisent la Franc-maçonnerie pour couvrir des activités ou des intérêts autres que maçonniques.
Rappelons aussi qu’un Franc-maçon est digne de l’Ordre lorsqu’il sert les valeurs de l’Ordre, mais qu’il n’en est pas digne lorsque, au lieu de servir la Franc-maçonnerie, il s’en sert.

Les hauts grades de Rites et l’initiation traditionnelle de stricte régularité
Oublions pour l’instant les dangers que font courir à la Franc-maçonnerie les détournements parasitaires de l’activité maçonnique, et penchons-nous maintenant sur une autre fragilité, tout aussi nocive, bien que très peu commentée en Franc-maçonnerie.
Elle concerne l’hégémonie que les Rites de « hauts grades » prétendent exercer sur la Franc-maçonnerie de tradition régulière.
Certains Rites en effet vendent le parcours de leurs « hauts grades » comme la seule et véritable initiation, laissant implicitement (et même parfois ouvertement) entendre, que l’initiation de maçonnerie régulière n’est qu’une sorte de propédeutique maçonnique, un débroussaillage sommaire sans véritable portée initiatique, une fabrique de sous-initiés en quelque sorte.
De telles attaques mettant en doute les capacités initiatiques des Loges symboliques, et pour le moins, renvoyant la Franc-maçonnerie de l’Ordre traditionnel à une dimension initiatique indigente ne sont pas nouvelles, puisqu’elles furent à l’origine de la querelle des « Ancients et des Moderns » survenue en 1751, peu après la constitution de la Franc-maçonnerie obédientielle anglaise de la Grand Loge de Londres en 1717.
On sait que cette querelle trouva sa solution, après 70 ans de conflits, avec la création en 1813 de la Grande Loge Unie d’Angleterre, et la mise en place, des règles de régularité maçonnique qui conditionnent, encore de nos jours, la régularité initiatique de l’Ordre traditionnel.
Mais l’on sait moins que ce conflit s’origine pour l’essentiel, dans la volonté exprimée par les « Ancients » de préserver l’Ordre initiatique traditionnel des attaques incessantes qu’il subissait de la part des « hauts grades » des Rites.
N.B. :
Les « Ancients » reprochaient, entr’autres, aux « Moderns », d’avoir non seulement laissé les « hauts grades » se multiplier anarchiquement, mais de plus, de ne pas s'opposer aux prétentions de supériorité que ces « hauts grades » revendiquaient ouvertement.
Il faut savoir en effet, qu’à peine la Franc-maçonnerie obédientielle avait-t-elle été constituée, que toutes sortes de grades dits de perfection sont apparus, qui tous, revendiquaient une supériorité initiatique donnant pouvoir de commandement sur les loges maçonniques traditionnelles.
En fait, n’importe quel individu pouvait inventer des titres et des grades maçonniques mirobolants, et les proclamer supérieurs. Il suffisait qu'il affirme qu’il détenait un « secret inédit » transmis par une authentique organisation secrète, pour que l’effet de séduction intervienne immédiatement.
Car, s'il est vrai que l’intelligence des trois degrés traditionnels issus d’une lente maturation initiatique, est difficile d’accès et débouche sur une connaissance discrète ; les hauts grades, proposaient pour leur part, en abondance, toutes sortes de vanités de titres avec un effet immédiat en termes de prestige mondain.
Il est donc important de rappeler que dans l’histoire de la Franc-maçonnerie, ce sont les excès des hauts grades et les prétentions de ces derniers à vouloir dominer la Franc-maçonnerie traditionnelle, qui sont à l’origine des règles de régularité maçonnique, telles qu’énoncées en 1813 et reprises par les « basic principles » de la régularité maçonnique de 1929.
Ces règles, on le sait, excluent de la façon la plus nette et la plus absolue, toute forme d’ingérence des « hauts grades » dans la Franc-maçonnerie symbolique traditionnelle.
Mais ces règles ne suffisent pas car, faute d’être commentées, leur portée échappe à la plupart des francs-maçons. Il s'ensuit  un défaut de vigilance, voire une ignorance maçonnique, qui avec le temps, permet à certains « hauts grades », toujours auto-convaincus de la supériorité du cursus initiatique qu'ils proposent, de manifester à nouveau leurs regrettables prétentions.
Pas étonnant dans ces conditions que, presque deux siècles après la querelle des " Ancients " et des " Moderns " les prétentions hégémoniques des « hauts grades » du SCPLF aient ressurgies facilement dans une GLNF qui en 2009 il est vrai, avait perdu de vue presque tous ses fondamentaux de Franc-maçonnerie régulière.
Pas étonnant non plus que, sous la pression de leurs Suprêmes conseils respectifs, cinq Grandes Loges européennes, aient tenté d’imposer sur le territoire français, des règles de régularité maçonnique inédites pour faire reconnaître par l’Ordre régulier traditionnel certaines obédiences de Rite, structurellement et culturellement dépendantes des hauts grades du REAA et de ce fait en totale situation d’irrégularité « initiatique » (ou irrégularité de fond - On sait que la GLUA exige la régularité " initiatique " comme un préalable nécessaire avant toute possibilité de "reconnaissance" dans la régularité " de l’Ordre " D'où la distinction entre "régularité initiatique" et "reconnaissance") ;
Pas étonnant non plus que ces mêmes hauts grades, incarnés cette fois par le Suprême Conseil de France, aient tenté d’orienter ouvertement les décisions du dernier Convent de la Grande Loge de France ;
Pas étonnant enfin que l’obédience GLAMF -structurée en fédération de « Maisons de Rites » chacunes dominées par la hiérarchie des « hauts grades » de leurs Rites respectifs- se retrouve empêtrée dans des conflits insolubles d’incompatibilité entre des Rites supposés avoir chacun, une capacité initiatique propre.

Ainsi, comme les convergences ci-dessus rappelées le démontrent parfaitement, la volonté latente de domination hégémonique de certains " hauts grades ", est toujours présente.

Il est donc essentiel de rappeler clairement la distance salutaire que la Franc-maçonnerie régulière de tradition doit conserver dans sa relation avec les « hauts grades »
On le sait, le Règlement général de la GLNF se réfère sans ambiguïté aux « principes de base pour la reconnaissance » de régularité et donc, concernant plus précisément notre propos, à l’article 5 qui stipule que « la Grande Loge doit posséder la juridiction souveraine des Loges sous son contrôle : c’est-à-dire qu’elle doit être responsable, indépendante, autonome, disposant seule de l’autorité incontesté sur l’Ordre ou trois premiers degrés symboliques (Apprenti, Compagnon et Maître) relevant de sa compétence et qu’elle ne peut en aucune façon déléguer ou partager cette autorité avec un Suprême Conseil ou une autre Puissance revendiquant quelque contrôle ou surveillance que ce soit sur ces degrés »
C’est donc très normalement que la Section 3, article 110 al.3 du Règlement Général de la GLNF précise à son tour que la Loge « travaille aux trois degrés d’Apprenti, Compagnon et Maître, à l’exclusion de tout autre degré, en se conformant aux rituels agréés par la GLNF » ;
Étant ajouté, que dans la même section, l’article 132 précise la place que tiennent les Rites dans ce travail : « Le terme de « Rite » doit être retenu de façon restrictive car il fait référence, dans une conception large, tant aux degrés symboliques qu’aux degrés de perfectionnement. Or les grandes Loges régulières gèrent uniquement les trois premiers degrés, en toute indépendance de tout autre Juridiction ou Corps Maçonnique. Le terme de « Rite » ne fait ainsi référence, dans le présent Règlement intérieur, qu’à la pratique des rituels particuliers, reconnus par la GLNF, s’appliquant uniquement aux trois degrés symboliques. »

Que signifient ces précisions ?
1) Première conséquence :
Les Rites ne sont admis au sein de la GLNF qu’en tant qu’instruments d’initiation au service d’un Ordre maçonnique pleinement et souverainement initiatique, qui conçoit l’initiation maçonnique, comme la mise en œuvre d’une initiation indépendante du Rite pratiqué ;
Cela signifie que l’Ordre transmet l’initiation maçonnique en conformité avec la Tradition initiatique que la Franc-maçonnerie a élaborée dans le temps et dont les potentialités spirituelles sont propres à l’Ordre et non pas au Rite.
Dans cette perspective, c’est le corps maçonnique des initiés, organisé dans l’Ordre, autour des valeurs spirituelles de l’Ordre, qui en Loge, transmet l’initiation ;
Alors que dans la perspective des Ordres de Rite, c’est la spiritualité propre au système du Rite, qui transmet l’influence initiatique relative à chacun des Grades du Rite concerné.
Dans le premier cas, le Corps maçonnique régulier ou Ordre maçonnique, veille à ce que la transmission initiatique intervienne à partir des règles et des valeurs fondamentales de la Franc-maçonnerie régulière ;
Dans le second, ce sont les caciques du Rite qui régentent et qui dispensent le Rite, tel qu’ils l’interprètent.
Dans le premier cas, l’initiation maçonnique est accomplie par le troisième degré ; degré par lequel le Maître maçon devient membre de l’Ordre avec capacité de participer pleinement aux activités de l’Ordre ;
Dans le second cas, les Grades successifs attribués par l’Ordre du Rite ne donnent accès qu’aux seules prérogatives du Grade.
Enfin, en Franc maçonnerie régulière, le troisième degré n’est pas transmis comme un degré supérieur au premier ou au second degré, car chaque degré initiatique apporte sa part d’enseignement complémentaire à celui des deux autres. Le troisième degré est, au sein du ternaire initiatique, la clé de voute de l’enseignement des degrés précédents. Il délivre, conjointement avec ces derniers, la totalité de la réalisation initiatique.
N.B. : Rappelons pour confirmer cette interprétation, qu’en adoptant l’Acte d’Union de 1813, la Franc-maçonnerie anglaise a clairement exprimé le rejet de l'Écossisme et des « hauts grades », en définissant l’Ordre, « comme un Ordre d’initiés par les trois degrés de la Franc-maçonnerie traditionnelle ».
C’est cette dimension stricte qui est précisément inscrite dans l’article 5 des « principes de base pour la reconnaissance », précédemment cité ;
Rappelons que cette exigence a été considérée comme un élément capital de la réconciliation des francs-maçons de 1751 issus de la Grande Loge « des Anciens » avec les « Moderns » issus de la « Grande Loge de Londres » de 1717 ;
Sachant, comme il a été dit, que les « Ancients » reprochaient fondamentalement aux « Moderns » d’avoir évolué vers un système arborescent et anarchique de « hauts grades », proche d’une recherche profane de privilèges nobiliaires, et donc de n’être plus en situation « spirituelle » de réintégrer la symbolique des « Anciens devoirs » du métier, auxquels pour leur part, ils rattachaient la Tradition maçonnique (d’où l’appellation d’ « Ancients »).
Rappelons également que c’est à la suite de l’Acte d’Union de 1813 que les Franc-maçonneries continentales se sont éloignées de la Franc-maçonnerie Anglaise ; les Franc-maçonneries continentales s’étant, à l'instar des « Moderns », plus fortement encore qu’en Angleterre, précipitées avec délice, dans les développements anarchiques des Hauts Grades.
Précisons enfin que c’est dans la logique de la réconciliation de 1813 que l’«Émulation working» fut rédigé pour être l’outil « immuable » d'unification rituélique susceptible de mettre un coup d’arrêt (qui se voulait définitif) aux proliférations anarchiques des « hauts grades »
Mais on notera que cet outil n’a pas eu d’effet en Europe continentale où les hauts grades ont continué à développer leurs Rites dits « modernes » et où le Rite Émulation n’est pratiqué de façon significative que par la GLNF.

2) Deuxième conséquence :
Les Rites au sens large, ne sont admis à la GLNF que pour la part rituélique (les « rituels ») jugée conforme aux conditions et exigences de l’initiation maçonnique de l’Ordre et non pas aux exigences du Rite.
Autrement dit, c’est en considérations première des structures et des objectifs fondamentaux auxquels la Franc-maçonnerie initiatique se réfère, que l’Ordre régulier de la GLNF choisit et adapte, dans un second temps, parmi les propositions rituéliques existantes, les rituels qui satisfont les principes et les objectifs qui sont les siens.
Elle n’a aucunement l'obligation de se conformer aux préconisations des Juridictions de Rites.

3) Troisième conséquence : 
Il va de soi que les éléments d’un Rite de référence, qui n’ont aucun intérêt initiatique pour la Franc-maçonnerie de tradition régulière, doivent être écartés.
Dès lors, les usages et les pratiques propres au fonctionnement des Ordres ou Juridictions de Rite ne sauraient être pris en considération par les Loges de la GLNF, quand bien même ces dernières estimeraient « plus harmonieux » de travailler en concordance avec les préconisations du Rite.
Une telle préférence nierait en effet ouvertement le rattachement de la Loge à la Franc-maçonnerie régulière et révèlerait avec évidence une soumission révérencieuse de la Loge à la suprématie d’une Juridiction de Rite.
N.B.1 : C’est en cohérence avec le principe de non considération des « hauts grades », que la GLNF exclut de ses règles protocolaires toute prise en compte des titres et usages propres aux Juridictions ou Ordres de Rites. (À l’exception toutefois de l’Arche Royale qui dispose, pour des raisons historiques liées à l’Acte d’Union de 1813, d’une autorisation particulière concernant le port en Loge symbolique, du Bijou de l’Ordre).
N.B.2 : L’on sait qu’en matière de contrôle sur les Loges, les juridictions « de Rites » disposent de Grands Inspecteurs dotés par l’Ordre du Rite de prérogatives particulières d’intervention en Loge ; et l’on sait aussi, qu’en ce qui concerne les obligations protocolaires, les Juridictions de Rites fonctionnent selon une préséance hiérarchique donnée aux titres les plus élevés dans l’organisation scalaire des « grades ».
Mais il va de soi que ces organes et ces principes de fonctionnement propres aux Juridictions ou aux Ordres de Rites, n’ont pas le moindre pouvoir d’intervention dans l’organisation et le fonctionnement des Loges de la GLNF.
N.B.3 : Les organisations de Rites se considèrent généralement comme garantes de la pureté de leur Rite et estiment avoir toute autorité concernant ce dernier. Pour elles, l’Ordre fait corps avec le Rite.
Elles s'estiment de ce fait garantes de la transmission de l’influence initiatique du Rite, avec pour conséquence, concernant la transmission des trois premiers grades du Rite par les obédiences symboliques, l’obligation faite à ces dernières d’obtenir de l’Ordre du Rite une autorisation de transmettre la puissance initiatique du Rite. (On parle en ce cas « d’écossisme »)
Mais bien évidemment cette prétention, n’a strictement aucun sens pour la Franc-maçonnerie régulière de tradition initiatique, pour qui l’initiation ne dépend en aucun cas d'une puissance spirituelle de Rite, mais uniquement de la puissance spirituelle de la Franc-maçonnerie traditionnelle.
N.B.4 : Il ne s’agit pas ici de prétendre que les Rites de « hauts grades » sont nécessairement en situation conflictuelle à l’égard de la Franc-maçonnerie de tradition régulière, mais de rappeler que les ingérences des « hauts grades » sont beaucoup plus que des impolitesses maçonniques.
Elles portent gravement atteinte à la crédibilité de la Franc-maçonnerie régulière, puisqu’elles mettent en doute les capacités initiatiques des Loges symboliques.
Dès lors, si comme le précise le préambule au Règlement général de la GLNF, « les modes rituels que la GLNF approuve pour l’usage de ses Loges ont, pour la plupart, un prolongement dans des systèmes complémentaires qu’elle considère comme une addition heureuse aux degrés (ou grades) qu’elle gouverne, elle-même sans partage, à travers les Loges placées sous son obédience », ces prolongements ne peuvent jamais être autre chose, que des illustrations complémentaires de la totale et parfaite capacité des trois degrés de l'Ordre traditionnel de la Franc-maçonnerie à transmettre l'initiation régulière.

La Franc-maçonnerie régulière initie ses membres par la puissance de sa Tradition régulière.

Raminagrobis

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commentaires

Arsène Mutin 14/05/2015 21:13

Mon TCF Raminagrobis.
Un reproche d’abord : tu t’es fait vraiment trop rare ces derniers mois.
Un compliment ensuite : ton article fait du bien. Il nous met si facilement devant certaines évidences qu’on a l’impression d’être devenu intelligent.
Il faut souligner que ce ne sont pas les systèmes de hauts grades qui sont blâmables en eux-mêmes mais ce que les hommes de pouvoir en ont fait, ceci au mépris des valeurs maçonniques les plus élémentaires.
Le cas du SCPLF du REAA en est le plus scandaleux exemple, et douloureux aussi, pour beaucoup d’entre nous.
Pour ce qui est de l’appellation « hauts grades », elle ne me chagrine pas car pour moi elle se rapporte non pas à une hiérarchie sociale dans les loges mais à celle des « hauts » personnages bibliques (Salomon, Hiram, Cyrus, … Zorobabel, … etc.) ou inventés par la maçonnerie, auxquels on s’identifie peu ou prou pour entrer dans un monde imaginaire de rois, de chevaliers et de héros. Ce jeu de rôles est instructif et enrichissant par ses à-côtés (étude des textes bibliques, extrapolation, réflexion …) et il reste bon enfant, du moins tant qu’on se souvient que c’est un jeu.
C’est ainsi que, à mon avis, l’appellation « hauts grades » trouve un sens et même une sonorité sympathique. Je n’en dirais pas autant des expressions degrés ou ateliers « supérieurs » ou « de perfection » et encore moins de l’expression « loge de perfectionnement » que les ambitieux voulant jouer les modestes disent préférer.
Si les adhérents aux SCPLF voulaient bien se pencher avec sérieux et sincérité sur la symbolique de leur élévation au « sublime grade de maître » (le SCPLF n’aime pas cette expression), sur le sens de la maîtrise et sur celui du mot « maître » en maçonnerie, ils n’auraient aucune difficulté à percevoir que la maçonnerie de tradition est constituée par les loges bleues (le SCPLF n’aime pas non plus) seules, qu’elle n’est pas en attente d’un complément, d’un prolongement ou d’un perfectionnement et que, dès lors, les systèmes de hauts grades qui peuvent être proposés par ailleurs ne sauraient compléter, prolonger ou perfectionner quoi que ce soit, sinon ouvrir aux spéculatifs et curieux d’autres chemins de découverte.
Malheureusement, une fois élevés, sauf rares exceptions, les maîtres du REAA travaillent peu ou pas au grade de maître, sans compter que le SCPLF met rapidement le grappin sur les maitres jeunes et réceptifs à un lavage de cerveau commençant dans les loges bleues.
A ce titre, depuis une quinzaine d’années le SCPLF n’avait de cesse de dire et de faire dire que le REAA était un rite un et continu, du 1er au 33ème degré sans interruption, que le SCPLF était propriétaire de ces 33 degrés, qu’il laissait à la GLNF l’usage des 3 premiers degrés et pouvait donc les reprendre à tout moment.
Beaucoup de membres du SCPLF croient toujours ce bobard. Plus c’est gros, mieux ça marche.
Il faut dire aussi que le SCPLF n’a jamais montré la moindre intention de former ses membres sur l’histoire du REAA et sur sa propre histoire, ni même d’éveiller leur curiosité.
On n’est jamais trop prudent.
Ne pouvant faire moins, il demande juste à ses membres de connaître l’existence des grandes constitutions.
En créant la GLAMF, le SCPLF aura donc fini par réaliser son rêve d’avoir le contrôle direct au sein de l’obédience sur les 3 degrés dits « symboliques », ce que le SCDF n’a pas réussi à faire avec la GLDF, du moins pas directement.
Le SCPLF aura aussi réussi autre chose : servir d’exemple à ne pas suivre pour le nouveau SCNDF.
Il est donc permis de penser que les systèmes de Hauts Grades, en particulier du REAA, n’auraient pas causé le moindre problème si ceux qui les dirigent ne les avaient pas dévoyés pour en faire des machines de domination et de conquête.
On croit maintenant avoir compris que le REAA bicéphale (SCDF et SCPLF) caressait depuis longtemps le rêve de commander toute la franc-maçonnerie, en France, en Europe et même dans le monde ( le Saint Empire élargi quoi ) qu’ayant avancé ses pions à la faveur de la crise de la GLNF, mais subi quelques déconvenues, il ne veut pas battre en retraite sans avoir tenté de mener au bout son opération de « commando » avec la CMF comme cheval de Troie.
Le Convent de la GLDF est en ligne de mire, la politique bat son plein et les dernières semaines de l’année maçonnique s’annoncent chaudes.
Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour nos frères de la GLDF qui pendant des années maçonnaient en pères peinards dans leurs loges, et qui, sans avoir rien demandé à personne, se sont trouvés embarqués ce mauvais feuilleton de la CMF au risque de vivre maintenant une scission.
Quand on prend conscience que ce sont eux qui ont semé le poison de la discorde, il y a de quoi maudire les Hauts Grades et je comprends que beaucoup de frères et de sœurs le fassent.
Je ne le fais pas car je garde le souvenir d’une époque déjà lointaine et plus vertueuse, du SCPLF, qu’on pourrait appeler « ses 30 glorieuses ». Ce SCPLF là n’avait rien à voir avec ce qu’il est devenu aujourd’hui et je veux croire que le SCDF puisse raviver l’esprit qui l’animait alors.
Mes frères écossais des Hauts Grades, posez un instant vos degrés, ils vous empêchent de penser droit.
Raisonnez donc en maîtres maçons et tout le monde pourra se comprendre et se retrouver entre l’équerre et le compas.
Salutations fraternelles à tous.
Arsène.

Myosotis de Septimanie 18/05/2015 10:14

Tout le monde avait rectifié, car cela va sans dire...

mais comme c'est mieux encore en le disant ... : SCNDF

Voilà qui est fait !

Arsène Mutin 17/05/2015 10:46

Damnation ! J’ai laissé un N sur le clavier !
Et c’est ce N qui fait la différence.
Je voulais dire « … que le SCNDF puisse raviver … » et non le SCDF.
Pardon pour la bévue et bon dimanche à tous.
Arsène

Myosotis de Septimanie 15/05/2015 11:30

Merci Arsène.
En ces temps de totale confusion, il est nécessaire mais, bien difficile, de renouer avec l'évidence.
Fraternellement

cincinnatus 30/04/2015 22:43

Raminagrobis bonjour
Lire cet article me réconcilie quelque peu avec la FM laquelle par moment me donne l'impression d'être de plus en plus "à côté de ses pompes!"
C'est d'ailleurs là la raison pour laquelle je me suis retiré sur une certaine colline de Rome!
Initié en Afrique au rite Emulation , je ne connaissais même pas l'existence des prétendus hauts grades découverts par la suite lors de mon retour en France, chez les REAA essentiellement!
Venu à ce rite pour des raisons sur lesquelles il est inutile de s'étendre, j'ai très vite été sollicité pour rejoindre ces fameux ateliers de perfection où m'avait on dit je trouverai des gens "intéressants" et d'un "autre" niveau que celui qui "sévit" dans les loges bleues!
Ancien RF actif, plusieurs fois élu dans la chaire, et ayant eu une carrière universitaire honorable, j'avais parait il les qualités requises pour prétendre à cette future "promotion"
Hélas toute cette "retape" ne m'a guère motivé pour franchir le pas, moi j'étais venu en Maçonnerie simplement pour la fraternité et non pas pour faire la nique aux frangins d'un degré "inférieur " au mien! Aussi, cette suffisance sinon ce mépris affichés à l'endroit des "demeurés" des loges bleues, me déplaisaient ils souverainement et ne m'incitaient guère à rejoindre l'Olympe !
Par ailleurs, quand il m'a été donné de constater combien les locataires de ce dernier se détestaient et se jalousaient les uns les autres, par exemple lorsque Durand passait au XVIII ème alors que Dupond stagnait au XIV ième, quand j'ai entendu les remarques "fraternelles" relatives à la qualité des travaux présentés par l'un ou l'autre, qui "franchement étaient nuls", j'ai fait savoir, quitte à passer pour un type bas de plafond, que je ne rejoindrai pas ce panier à crabes et m'en tiendrai aux grades délivrés par les loges symboliques!
Ceci n'est pas tout à fait exact puisque je relevais de l'Arche Royale, cependant lors de "l'exaltation" on m'avait bien fait comprendre qu'il ne s'agissait pas là d'un quatrième degré mais d'un simple complément du 3ème !
Bref, n'allons pas jeter la pierre à ceux qui se "réalisent" en grimpant au 33éme , il s'en trouve bien évidemment parmi eux qui sont de forts braves gens, mais quand même les hauts grades m'ont toujours paru "délicats" car ils permettent à des individus ivres de pouvoirs et de reconnaissance, de manifester ,cela dans une relative indifférence, leur addiction.

Myosotis de Septimanie 15/05/2015 16:42

Je te salue Cincinnatus,
Ton précieux témoignage confirme si besoin était, qu'il y a sur l'Aventin, plus de sagesse que sur les pentes périlleuses de l'inaccessible Olympe où s'égarent et périssent immanquablement les intrépides et les vaniteux pour qui la Franc-maçonnerie n'est qu'un amusement mondain.
J'ai pratiqué pas mal de "hauts grades" et j'ai pu mesurer notamment, l'inconséquence vaniteuse et hautaine, le manque de sérénité, la rouerie et les chimères de l'écossisme, lors de la crise GLNF.
J'en ai retiré le sentiment qu'il est essentiel que Rome soit remise dans Rome.
Autrement dit qu'il est essentiel :
- De réactiver le sens et la haute portée initiatique de la Franc-maçonnerie dite "symbolique" ;
- D'éviter que la Franc-maçonnerie régulière de Tradition initiatique ne puisse être considérée comme un vivier trouble, une réserve dans laquelle, les "hauts grades" pourraient puiser sans vergogne.